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Les partis politiques et les défis du développement de la RDC

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Le peuple rd-congolais est l’un des peuples le plus politisé au monde : dans chaque coin des rues-villages, tout le monde parle politique.

La République Démocratique du Congo est un pays paradoxal par excellence. Un pays riche mais avec une indigence sociale inquiétante, un Etat squelette dans la gouvernance mondiale et vivant de la mendicité internationale. L’esclavage, la colonisation et les dictatures successives ont permis de transformer tous les citoyens en ‘’hommes politiques’’. Il semble que le déficit démocratique a plus favorisé cette situation.

Les partis politiques sont l’un des piliers de la démocratie pour l’alternance. Leur naissance est une des voies essentielles pour améliorer la vie des citoyens. C’est le cas en République Démocratique du Congo ? Pas du tout.

Depuis l’indépendance de la RDC, tous les combats menés avaient pour objectif, l’amélioration des conditions de vie de la population. Le décor était planté pour l’avènement de la démocratie en RDC. Malheureusement, la plupart de ces partis politiques n’ont pas été créés pour participer à la régulation de la vie nationale, mais bien pour se taper une place dans la mangeoire nationale à n’importe quel prix et occasion. Après les élections, certains partis restent invisibles sur la scène nationale pendant toute la ‘législature’ et réapparaissent au moment des enjeux : dialogue, concertation, élections, etc. pour le partage équitable et équilibré du pouvoir.

Avec le déclanchement du processus démocratique en 1990, le pays a été envahi par plus de 400 partis politiques dont les projets de société sont peu connus de leurs propres militants. Chaque groupe ethnique peut avoir un Président fondateur. Si le développement d’un pays était fonction du nombre de partis politiques, la RDC serait parmi les pays les plus développés de l’humanité. Quel est le bilan de ces partis en ce qui concerne le développement socio-économique du pays ?

Les pancartes, les calicots, les affiches et les photos rencontrés sur les lieux publics n’ont rien avoir avec la sensibilisation de la population sur les enjeux liés à l’insalubrité, à la santé publique, à la sécurité alimentaire, à la pauvreté, etc., mais contiennent pour l’essentiel, des messages creux des partis politiques sans vision et sans véritable projet de société.

Il est actuellement impossible de faire la différence entre les partis politiques au pouvoir et les partis de l’opposition au regard de la versatilité et de l’inconscience qui caractérisent l’élite politique de la RDC. Selon les circonstances et les intérêts du moment, ils coopèrent et collaborent sans aucune philosophie pour le développement du pays.

Il y a peu de partis politiques en RDC qui s’occupent des questions spécifiques. Par exemple : parti écologiste, parti des ouvriers, parti des paysans, etc. Quand bien même ces partis peuvent exister en RDC, il est rare d’entendre ces partis défendre l’environnement (pillage des forêts, insalubrité, pollution des eaux et des sols, etc.), les travailleurs (qui vivent avec des salaires toxiques), les paysans (sans eau et électricité, sans système de santé, etc.). Il faut avouer que ces partis qui devraient jouer un rôle important sur les questions spécifiques du pays ont été créés pour répondre aux préoccupations essentiellement matérialistes de leurs Présidents fondateurs : positionnement politique, recherche d’appui financier extérieur, etc. Tous les slogans débités ne sont basés sur aucun argument convaincant et mobilisateur.

L’action d’un parti politique ne se limite pas à faire des déclarations, des pétitions, des sit-in, etc. Il faut à côté des déclarations, des exigences qui poussent l’autorité à répondre aux préoccupations de la société.

Sur le plan de la gouvernance, beaucoup de partis politiques en RDC ne font pas le monitoring de l’action publique en mettant en exergue des analyses et propositions concrètes qui sont susceptibles de faire avancer le pays.

En effet, pour faire le monitoring de l’action publique, le parti doit disposer des documents sur les budgets, les programmes du gouvernement, les lois, les conventions et accords ratifiés par le pays, etc. Mais dans la plupart de cas, les partis politiques congolais n’ont pas ces éléments, d’où l’inefficacité de leur action sur le développement du pays. Les expertises de ces partis politiques ne sont pas identifiées et mises à profit pour l’intérêt du pays. La préparation des cadres pour assumer des fonctions futures ne constitue nullement la priorité des partis politiques en RDC. Les nominations se font sans tenir compte du profil de chaque membre, l’essentiel est que chaque militant ait un poste de responsabilité. En cas de prise de pouvoir, on se trouve dans une situation où ils ne connaissent pas les vrais problèmes du pays et ne savent pas où commencer.

Il n’est pas rare d’entendre les partis politiques congolais tirer des conclusions du genre : le bilan est globalement négatif sans avoir apporté les preuves d’une telle déclaration. Les cellules d’études et d’analyse de la situation de la république sont quasiment inexistantes dans la majorité des partis politiques congolais. Les Députés, une fois élus, ne travaillent plus en synergie avec leurs partis politiques en vue de présenter des projets alternatifs des lois, des programmes de développement, etc.

Un membre d’un parti politique n’est pas un activiste des droits de l’homme. Sa nomination à un quelconque poste doit tenir compte des compétences. Le militantisme, le clientélisme, le niveau intellectuel, etc. ne suffisent pas pour occuper tel ou tel poste au sein du parti. Avec un tel personnel politique, les solutions aux problèmes de la population ne seront que renvoyées aux calendes grecques.

Lorsque les cadres d’un parti sont nommés sur base des critères non objectifs, à leur arrivée au pouvoir, l’action gouvernementale se résumera à la jouissance personnelle, ethnique, clanique et familiale. L’intérêt général est relégué à la poubelle au profit des intérêts individualistes et mercantilistes. Ainsi, le défi de la lutte contre la pauvreté généralisée serait une vaste démagogie.

Avant de bien gouverner le pays, les partis politiques doivent devenir des vrais partis et non des caisses de résonnance des Présidents fondateurs. Il faut de l’organisation et du personnel bien formé, consciencieux, capable d’analyser et d’apporter des solutions aux problèmes de la société.

Bonne année 2018 à tous les jeunes de la RDC et à tous les lecteurs du site www.eadev-agro-congo.com.

Fait à Kinshasa, le 09 Janvier 2018

La Rédaction

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Commentaires

Blanche MUWONSO
Tant que les personnes mediocres seront en tête des parti politique, le développement ne viendra jamais au congo || 11/01/18 - 02:01:22
Valere IBALANSAMBA
Vraiment, la population vie dans la misère totale, les hommes riches sans ambitions, leur souci reste de construire des maisons et achete des voitures de luxe, personne pense au Petit peuple qui souffre... la politique de leur poche, les opposants devient les gens de la majorité pour gagner de l'argent... on voit ts dans notre Congo RDC. || 10/01/18 - 07:01:59
CABD