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RDC-Elections : Un mensonge d’ETAT, Une Hypocrisie de la Communauté internationale, Une complicité de la classe politique et une démission de l’élite

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Le président de la République savait qu’il n’y aura pas des élections le 23 décembre, le Chef du Gouvernement savait qu’il n’y aura pas des élections le 23 décembre, le président de la CENI savait qu’il n’y aura pas les élections le 23 décembre… Tous savaient et ils ont menti au peuple. Comme tous savent que les élections ne pourront pas se tenir le 30 décembre 2018 mais promettent quand même celles-ci… La question à se poser est plutôt de s’interroger si les autorités veulent vraiment organiser des élections ? Car nonobstant leurs intentions, les faits montrent aujourd’hui que non seulement ils ont menti au peuple mais en plus ils sont soit incompétents, soit des criminels de la démocratie. C’est pourquoi bien PLUS QU’UN MENSONDE D’ETAT, IL S’AGIT D’UN CRIME D’ETAT. C’est pourquoi nous exigeons non seulement des sanctions politiques mais aussi des poursuites judiciaires à leurs égards.



UNE COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE HYPOCRITE



La communauté internationale est multiple avec des intérêts divergents. Nous sommes conscients que tout le monde n’agit pas de la même manière. Les membres de cette communauté qui se tiennent à côté du peuple et qui exigent encore aujourd’hui un processus crédible et respectueux des principes et valeurs démocratiques ne doivent pas se sentir concernés par notre colère. Mais tous les autres et la liste est nombreuse, Chefs et membres des institutions internationales, ambassadeurs et responsables politiques de certains pays qui non seulement restent indifférents aux nombreux appels de la Société civile pour condamner cette mascarade électorale, ( mais en plus qui osent soutenir un régime dictatorial en menaçant certains candidats de l’Opposition des sanctions à cause de leurs positions contre la machine à voter), nous lançons un appel à la raison de peur qu’un jour le peuple congolais risque de les assimiler à ses bourreaux.



Cette communauté internationale sait que le processus est complètement vicieux et frauduleux car ni les recommandations de l’OIF sur le fichier électoral, ni celles de la Westminster Foundation sur la Machine à voter n’ont été mises en œuvre par la CENI. Et plutôt que de condamner les coupables, elle se contente des appels à la paix et à la raison qui malheureusement ne profitent qu’au président Kabila et à son régime.



Est-elle simplement hypocrite comme la plupart des communiqués et déclarations qui « oublient » de condamner la CENI et le gouvernement pour leurs mensonges ? Ou bien est-elle complice volontairement au nom des intérêts égoïstes ? Aujourd’hui le peuple aurait dû voter mais depuis trois mois au moins la communauté internationale savait que cette date était impossible à tenir pour la CENI, elle savait que le processus était corrompu, elle a été alerté de plusieurs manières par ses experts travaillant avec la CENI, elle l’a été par les différents rapports et communications de nos organisations membres, des études indépendantes mais au lieu de multiplier les pressions sur le pouvoir, elle a choisi de ménager Kabila et son régime et de mettre la pression sur l’Opposition et la Société civile, « Il faut prendre Kabila à son propre piège », répétait-elle. Le 23 est déjà oublié mais on prend les mêmes et on recommence. Pense-t-elle vraiment que les mêmes causes vont produire des effets différents ? Ignore-t-elle que le vrai problème n’est pas dans l’organisation des élections mais dans la volonté de Joseph Kabila de ne pas quitter le pouvoir ? Quitte à embraser le pays ?



En voyant les différentes « PRISES EN ACTE » du report, nous avons le sentiment de lire les mêmes déclarations que lors de la publication du chronogramme de l’enrôlement, les mêmes que lors de la conclusion de l’Accord de la CENCO, les mêmes que lors de la mise en place du gouvernement Tshibala, les mêmes que lors de la publication du calendrier électoral… sans jamais avoir obtenu un changement dans l’attitude du président Kabila et du président de la CENI.



Apte à saluer les « avancées » du régime vers un changement pacifique à la tête du pays, nous avons parfois l’impression qu’elle oublie l’essentiel : les valeurs, les principes et le droit, piliers essentiels de toute démocratie sans lesquels cette dernière n’existe pas. Heureusement que tout au long de ce processus, le peuple congolais a pu à certains moments se réjouir des actions de certains membres de la communauté internationale. Les sanctions prises par eux ont été utiles dans certaines concessions du pouvoir, les reconductions de ces dernières en décembre ont été déterminantes pour freiner les massives répressions contre les militants pro démocratie en générale et contre nos membres en particulier.



Le combat pour la démocratie est avant tout le combat du peuple congolais. Il est notre combat. La responsabilité nous incombe en tout premier lieu. Seulement comme à travers l’histoire des nations, le peuple congolais, confronté à un pouvoir dictatorial, sanguinaire et violent ayant confisqué tous les espaces de liberté, a besoin de l’aide et du soutien des partenaires soucieux de la dignité humaine et de la liberté pour mettre fin à un pouvoir qui n’a pas hésité à entrer dans les églises pour tirer sur des paisibles citoyens qui réclamaient simplement l’organisation des élections. Comme à travers la vie des peuples, des Etats-Unis d’Amérique à l’Afrique du Sud, du Burkina Faso en Ukraine…, le peuple congolais continue à espérer voir les peuples du monde libre se tenir à ses côtés pour mettre fin à cette dictature horrible qui risque de détruire tous les efforts consentis par la communauté internationale pour sortir notre pays du chaos où l’avait plongé des années de guerre civile et d’une prétendue révolution populaire.



UNE CLASSE POLITIQUE COMPLICE



Nul besoin d’en dire davantage, le mal congolais est celui de sa classe politique. Des hommes corrompus et sans valeur. Des femmes et des hommes non pas au service de l’intérêt général mais de leurs propres ambitions. Des femmes et des hommes, non pas au service de l’ETAT mais de celui de leurs clans mafieux. Bref pour reprendre les mots de l’ancien ministre des affaires étrangères belges, contrairement à certains écrits et déclarations de ces derniers temps : IL N’EXISTE PAS D’HOMMES D’ETAT AU CONGO.



Notre classe politique est devenue spécialiste de retournement et d’équilibrisme au nom d’une certaine conceptio de la politique qu’on ne trouve dans aucun manuel de science politique. « La politique est dynamique », dit-on, pour justifier l’absence totale des valeurs et des principes. C’est au nom de cette dynamique de la politique que des hommes politiques peuvent renier leurs signatures le lendemain d’un processus inédit dans l’histoire de l’Opposition politique sans aucune condamnation morale de la Nation. C’est au nom de ce principe, que la corruption permet que des opposants deviennent tout à coup des propagandistes d’un régime qu’ils ont honni hier. C’est encore au nom de ce même principe qu’un certain KABILA désir se transforme en pilier de l’Opposition en un mois des élections et que cela ne suscite aucune réaction de ses nouveaux amis. ON OUBLIE LE PASSE, nous dit-on. Oubliant juste cette vérité historique et légendaire : Ceux qui oublient le passé sont condamnés à le revivre.



Ce constat est malheureusement général et est à la base de la décadence de notre Nation. Car si notre pays est malade, il l’est d’abord avant tout de sa classe politique. Les Opposants d’aujourd’hui vont-ils enfin saisir l’occasion qui leur est offerte pour se racheter et participer à la délivrance de la Nation ? Vont-ils prendre conscience qu’ils n’ont qu’une semaine pour racheter le temps passé ? Vont-ils enfin réaliser que l’histoire leur offre une dernière occasion pour devenir des héros d’un peuple meurtri ? De Mova à Bemba, de Shadari à Tshisekedi, de Kabila à Fayulu, de Kamerhe à Katumbi, de Lumbi à Minaku, de Matata à Muzito et l’ensemble de vos collègues, saisissez cette dernière occasion car notre peuple n’en peut plus…



Car si vous ne faites pas attention, la colère qui grandit en son sein risquera de vous emporter tous. Nous les côtoyons tous les jours à travers toute la république et au sein de notre diaspora.



UNE ELITE DEMISSIONNAIRE



Face à un processus auquel nous ne croyons pas nous-mêmes et parfois malgré nos propres conclusions, nous avons été souvent incapables de mettre en œuvre nos propres recommandations au nom de la loi de la survie ou des intérêts personnels.



Nous avons peur de perdre notre emploi quand 80% de nos concitoyens n’en ont pas. Nous avons peur de perdre nos privilèges dans un pays sans droits. Nous avons peur d’aller en prison dans une nation sans liberté. Nous avons enfin peur de la mort face à un régime qui n’hésite pas à tuer massivement nos compatriotes. C’est compréhensible mais c’est condamnable. Car dans ces conditions nous sacrifions l’avenir de notre nation et celui de nos enfants. Alors arrêtons de nous plaindre et applaudissons ce « troisième mandat » que veut Kabila.



Nous, acteurs de la société civile, professeurs d’Université, cadres des entreprises, gradés militaires, chefs spirituels, leaders associatifs, fonctionnaires publics, leaders locaux, enseignants.



Après 70 ans d’indépendance, nous avons échoué à nous mettre débout pour construire un pays plus beau qu’avant, bien au contraire…



TOUS COUPABLES



Alors que les élections ont été reportées :



Le régime s’est empressé de dire que c’était une bonne chose pour en avoir des meilleures. Alors qu’il sait que dans le meilleur des cas elles seront chaotiques et sources de trouble et au pire qu’elles n’auront pas lieu. Il est le premier coupable et un jour il rendra compte.



La Communauté internationale est hypocrite de faire semblant de croire en la bonne foi du régime et à l’organisation des bonnes élections le 30 décembre, alors qu’elle sait que cela est impossible.



Une Classe politique divisée, les uns chantant la louange d’une CENI irresponsable et acclamant un pouvoir destructeur pour la Nation. Les autres prenant acte et menaçant d’une énième révolution populaire qui restera lettre morte parce qu’ils n’ont jamais rien fait par le passé et que d’autres encore changeront de camp pour partager le gâteau Congo.



L’élite ayant depuis longtemps déserté son rôle de garant et protecteur du peuple et du plus faible. ET POURTANT !



Site Election RDCONGO


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