EADEV : L’environnement, l’agriculture et la politique pour le développement durable

RDC-Kivu : la plaine de la Ruzizi victime de combats burundais et de la famine

Article

Par Marie-France Cros.

Selon des informations reçues par La Libre Afrique.be, les habitants de la plaine de la Ruzizi, au Sud-Kivu (est du Congo), seraient victimes de heurts entre Imbonerakure burundais et soldats anti-Nkurunziza, dans la région de Lemera, alorsqu’ils doivent déjà faire face à une disette provoquée par une maladie du manioc.

Des combats opposeraient d’une part des membres de la milice du dictateur burundais Pierre Nkurunziza, les Imbonerakure, appuyés par des soldats burundais et par des Maï Maï/Kijangala (groupe armé congolais), à, d’autre part, des combattants burundais du « général Godefroid », appuyés par des Rwandais non spécifiés.

Le « général Godefroid » est vraisemblablement le général Godefroid Niyombare, qui avait dirigé un coup d’Etat en mai 2015 contre Pierre Nkurunziza, pour l’empêcher de briguer un troisième mandat présidentiel, expressément interdit par l’Accord de paix d’Arusha, qui avait mis fin à la guerre civile. Ce coup d’Etat avait échoué et les putschistes avaient fui le pays, où le régime Nkurunziza s’est lancé dans une épuration des Tutsis de l’armée.

Des tirs à l’arme lourde et aux armes légères sont entendus à Kigoma et Mulenge, selon notre source.

Désastre humanitaire

Cette guerre intra-burundaise menée au Congo est, selon notre source, cause de « désastre humanitaire » dans plusieurs villages de la chefferie de Lemera et a notamment forcé la population de Kabere, Mubere, Mulenge I et Mulenge II à quitter leur domicile à la recherche de sécurité. Ces deux derniers villages seraient tombés aux mains des Imbonerakure.

Or, cette zone serait également affectée par la maladie du manioc dite « mosaïque ». Le cumul des problèmes y entraînerait une « famine », qui rend difficile l’accueil des déplacés par les combats.

Déstabilisation

Voilà des années que les deux Kivus servent de refuge à des groupes armés burundais et rwandais hostiles à leurs gouvernements respectifs, qui passent des alliances ponctuelles avec des groupes armés congolais locaux. Cette situation a été encouragée par Kinshasa, qui, sous les Kabila, a, à plusieurs reprises, utilisé les rebelles hutus rwandais FDLR (issus des génocidaires) comme supplétifs de son armée, notamment contre l’armée rwandaise, lorsque les deux pays s’opposaient.

Le régime burundais, courtisé par le parti PPRD du président Joseph Kabila, a commencé à utiliser les Kivus comme base arrière discrète d’entraînement de sa milice Imbonerakure. Celle-ci a reçu le mouvement de jeunesse du PPRD lorsqu’il était dirigé par Henri Mova – aujourd’hui ministre congolais de l’Intérieur sortant.

Depuis peu, le Kivu reçoit également des opposants armés rwandais tutsis – officiers dissidents du FPR au pouvoir à Kigali, regroupés dans le RNC (Rwanda National Congress) – qui se sont alliés à une grosse dissidence des FDLR, le CNRD, dans l’espoir de renverser le président rwandais Paul Kagame.

Libre Afrique

Vous pouvez télécharger le programme ici :

RDC-Kivu : la plaine de la Ruzizi victime de combats burundais et de la famine

Commenter

Chers lecteurs, les commentaires déposés n'engagent nullement eadev-agro-congo.com. Néanmoins, pour conserver un espace instructif et informatif, eadev-agro-congo.com se réserve le droit de supprimer tout commentaire indésirable ou contraire aux valeurs morales

Commentaires

CABD