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RDC : 500.000 dollars, le prix d’un siège au Sénat, une élite politique pourrie avec des institutions corrompues

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Dans un pays pauvre comme la République Démocratique du Congo, la corruption de l’élite politique étonne le monde entier et s’installe durablement dans les institutions du pays. Que peut-on attendre d’un Sénateur dont le mandat a été négocié à coup de dollars ? A quoi servent réellement les élections en RDC où la CENI nomme les députés et autres et les gouverneurs, les Sénateurs seront pour la plupart issus du monnayage des voix ?



Ça se bouscule au portillon du Sénat en République démocratique du Congo. Et comme toujours, quand les places sont rares, les prix s’envolent. Raison de cette inflation ? La motivation des anciens ministres et autres mandataires de l’ancienne majorité qui veulent à tout prix s’offrir une immunité pour les prochaines années.



Et ils sont nombreux dans ce cas. Anciens ministres, mandataires, cadres supérieurs dans des instances lucratives qui ont eu tendance à confondre leurs intérêts personnels avec ceux de l’Etat. « Sans oublier les personnes qui sont sous l’effet de sanctions internationales », nous explique un journaliste congolais. « Aujourd’hui, certaines voix se monnaient à 100 000 dollars et comme il faut 4 à 5 voix d’élus provincial pour obtenir un siège, il faudra sortir entre 400.000 et 500.000 dollars pour obtenir une place au sénat ».



Evidemmentn, tous les sièges ne sont pas touchés par cette inflation mais « ils sont très nombreux à chercher cette immunité. Voyez certains candidats qui sont obligés de jeter l’éponge parce qu’ils n’ont pas les moyens et qui se répandent sur les réseaux sociaux. On trouve même des proches du nouveau président qui doivent abandonner le combat face à des ministres ou des mandataires de la Kabilie qui ont les moyens, eux, de mettre cet argent sur la table».



Quand on sait que le salaire mensuel des sénateurs tourne autour de 10.000 dollars, il est évident que ceux qui mettent cette somme sur la table le font pour se « mettre à l’abri », selon l’expression d’un candidat qui a dû abandonner faute de moyens. « Il y a deux semaines, il fallait déjà compter 20.000 dollars par voix. En quinze jours, les prix ont été multipliés par 5, c’est du jamais vu. Certains ont vraiment peur d’être rattrapé par la justice et sont prêts à de gros sacrifices pour obtenir leur siège. Des ministres sanctionnés par les Etats-Unis ou l’Union uropéenne sont particulièrement généreux », poursuit notre journaliste.



Pour nombre de témoins, si on n’y prend garde, le Sénat aura des allures de « salons mondains où se retrouveront tous ceux qui ont pillé le pays », explique un autre candidat qui a dû dire adieu à un renouvellement de son mandat, faute de dollars. « Il est vital que le nouveau président fasse auditer tous les candidats sénateurs. C’est essentiel pour sa crédibilité et celle du Sénat. Il serait sain qu’il reporte l’ouverture du Sénat pour imposer un audit de tous les candidats. Il faut qu’on audite leur parcours, leurs avoirs, comment ils ont réussi à empocher autant d’argent parfois. Ce serait un message très fort du nouveau président et la preuve qu’il ne dépend pas complètement de son prédécesseur.



Eadev-Libre Afrique


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