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La RDC doit payer 600 millions de USD à Dig Oil : une histoire qui plonge Félix Tshisekedi dans sa première crise pétrolière

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La RDC a raté un tournant historique avec les élections ratées, qui ont dégénérées en une nomination de plusieurs membres du parlement. Le moment tant espéré pour nettoyer les dossiers et reconstruire la RD Congo devra encore attendre à cause de la mainmise de Joseph Kabila dans les affaires courantes de l’Etat.



Le cas emblématique est celui sous le microscope d’Africa Energy Intelligence qui a révélé que « la junior sud-africaine Dig Oil est bien décidée à faire appliquer les conclusions de l'arbitrage qu'elle vient de remporter contre Kinshasa ». Que se passe-t-il encore dans le domaine pétrolier ?



A titre de rappel, Dig Oil est une société d’exploration contrôlée par l’Afrique du Sud et centrée sur la République démocratique du Congo (RDC), la République centrafricaine (RCA) et la République du Congo (RDC). Dig Oil a été créée au début de 2007 possède une équipe en RDC et à Johannesburg, avec 30 personnes dans diverses disciplines.



Sur ce cas précis, l’Africa Energy Intelligence écrit que « le Congo-K du nouveau président Félix Tshisekedi risque de payer cher la gestion de son prédécesseur, Joseph Kabila, du dossier Dig Oil. Africa Energy Intelligence a eu accès au jugement de la Chambre de commerce internationale (CCI) rendu en novembre 2018 à la faveur de la junior sud-africaine. Le Congo-K a été condamné à 600 millions $ de dommages et intérêts pour avoir échoué à signer les ordonnances présidentielles de Dig Oil, alors que cette dernière avait paraphé des accords de partage de production en 2007sur les blocs 8, 23 et 24 de la Cuvette centrale. Or, sans ces ordonnances, le contrat ne donne aucun droit à son titulaire ».



En effet, la cuvette centrale de la RD Congo regorge du pétrole, chose que bon nombre de congolais ignorent. Il en est de même de la côte Est de la RDC, dans le lac Albert. Mais il y a un flou qui règne dans un autre hold-up de richesse de la RD Congo par l’Israélien Dan Gertler, un ami personnel de Joseph Kabila.



L’Africa Energy Intelligence renchérit que « cette amende vient également compenser le fait que Dig Oil n'a jamais pu opérer le bloc 1 du lac Albert, alors qu'il avait également obtenu un contrat avec le ministère des hydrocarbures. Et pour cause, ce permis a été attribué en 2010 à Caprikat et Foxwhelp, sociétés appartenant à l'homme d'affaires israélien Dan Gertler ».



Dans ces genres de magouille, les suspects habituels jouent leur rôle comme l’Africa Energy Intelligence le dit : « à la suite de cette condamnation, et pensant ainsi stopper son application, le ministre de la justice Mwamini Thambwe et son collègue des hydrocarbures, Aimé Mukena Ngoy, avaient fait valider en quatrième vitesse l'obtention par Dig Oil des blocs 8, 23 et 24 en conseil de ministres dès novembre 2018, puis Joseph Kabila avait signé les ordonnances en décembre(AEI nº834) ».



Dans cette mascarade, d’une part le tyran sanguinaire signe le contrat, mais par un tour de passe-passe, Dig Oil le perd au profit actuellement de Total, la compagnie française. Le schéma est bien connu : un petit operateur sans moyen financier graisse les pattes de hauts fonctionnaires de l’Etat et obtient soit des blocs pétroliers, périmètres miniers on des milliers d’hectares de nos forêts. Armé d'un contrat valablement signé par l’autorité de l’Etat, le petit operateur revend son permis avec un profit astronomique.



Fort de sa victoire juridique, cela n’étonne pas comme l’écrit Africa Energy Intelligence que « Dig Oil ne compte pas s'arrêter là et souhaite se faire payer les 600 millions $ pour préjudice, arguant qu'il a perdu du temps depuis la signature de son contrat, il y a onze ans. De plus, le pétrolier n'a pas récupéré le moindre pourcentage sur le bloc 1, sur lequel Caprikat et Foxwhelp n'ont plus de droit depuis mi-2018 ».



Que faire ? Est-ce que Joseph Kabila, ses frères ou ses sœurs ne sont-ils pas derrière cette mascarade, bénéficiant de $600 millions en plus de 3 licences ? Est-ce que Felix Tshisekedi peut-il stopper cette vaste magouille ? Rien n’est sûr compte tenu des gesticulations du clan Kabila ces derniers jours.



L’Africa Energy Intelligence indique que « ce permis fait depuis lors l'objet d'une négociation entre Total et le ministère des hydrocarbures (AEInº827) ».



CongoVox


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