EADEV : L’environnement, l’agriculture et la politique pour le développement durable

4ème session de l’assemblée générale de l’ONU sur l’environnement au quartier général de l’ONU à Nairobi

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Cette semaine, décideurs politiques, société civile, académiciens et entreprises sont en réunion à Nairobi au Kenya la quatrième Assemblée des Nations Unies pour l’environnement (ANUE), la plus haute instance de décision en matière d’environnement. Tenue tous les deux ans, l’ANUE permet aux pays d’établir des priorités pour les politiques environnementales mondiales, et d’élaborer un droit international de l’environnement.

Le thème cette année : « Solutions innovantes pour les défis environnementaux, la consommation et la production durables », dans le but de rendre nos systèmes sociaux, politiques et économiques plus durables.

Le temps presse. Selon le rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, il ne nous reste que 12 ans pour prendre des mesures radicales de lutte contre le changement climatique. Le Rapport sur les risques globaux du Forum Économique Mondial montre que le changement climatique et la perte de biodiversité sont liés aux principaux risques que court notre société, notamment les pénuries d’eau, les migrations involontaires à grande échelle, les catastrophes naturelles et les conditions météorologiques extrêmes.

Aucune nation ne peut relever ces défis seule. C’est pourquoi l’ANUE demande aux décideurs politiques de se concentrer collectivement sur trois scénarios : 1) Les défis environnementaux liés à la pauvreté et à la gestion des ressources naturelles ; 2) des approches fondées sur le cycle de vie en matière d’utilisation efficace des ressources, d’énergie, de produits chimiques, et de gestion des déchets; et 3) le développement durable des entreprises à une époque de mutation technologique rapide.

Au PNUD et à ONU Environnement, nous considérons que le ‘Big Data’ a un rôle crucial à jouer pour transformer la façon dont nous abordons ces problèmes.

Plus de 90% des données mondiales ont été générées au cours des deux dernières années, ce qui constitue une ressource remarquable pour atteindre les Objectifs de développement durable ainsi que les principaux accords environnementaux multilatéraux, notamment la Convention sur la diversité biologique (CDB), la Convention sur les changements climatiques (CCNUCC), et la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD). Les données spatiales?—?qui cartographient les zones géographiques de la biodiversité, les principaux bassins versants, les zones protégées, les pressions humaines, etc.?—?peuvent jouer un rôle crucial dans la lutte contre le changement climatique.

Grâce à notre travail avec près de 140 pays avec le UN Biodiversity Lab, nous avons compris comment les données spatiales peuvent aider les décideurs à prendre de meilleures décisions, à préserver la nature et à améliorer leurs moyens de subsistance. En Afrique du Sud, les données spatiales ont permis de déterminer comment les zones protégées marines officielles sont sélectionnées par le gouvernement. Au Costa Rica, un programme de surveillance innovant permet au gouvernement d’identifier les producteurs d’ananas à l’origine de la déforestation illégale. En Équateur, le gouvernement a utilisé des données spatiales pour lutter contre la déforestation et désigner une zone protégée reflétant la fragilité de la biodiversité et des écosystèmes.

Les données sur la santé de notre planète devraient être accessibles à tous. Au lieu de cela, elles sont souvent fragmentées d’un secteur à l’autre, soumises à paiement par des propriétaires commerciaux, ou plus généralement inaccessibles au public et aux décideurs politiques. Vu l’urgence du problème, nous ne pouvons plus nous permettre cette segmentation.

Il est temps de reconnaître les données environnementales en tant que bien public mondial. Afin d’aller dans ce sens, nous devons créer un écosystème numérique pour l’environnement incluant les données, l’infrastructure et les algorithmes susceptibles de sensibiliser le public, d’influencer le comportement des consommateurs, d’informer les marchés, et d’orienter le processus décisionnel des gouvernements. Cet écosystème doit encourager les échanges de données ouverts entre les secteurs public et privé, offrir une protection de la confidentialité et de la sécurité des données, tout en comprenant des garanties de qualité.

Un écosystème numérique pour l’environnement pourra encourager les échanges de données ouverts entre les secteurs public et privé, informer les marchés, et orienter les processus décisionnels.

Cette tâche est ambitieuse, mais nous pensons que l’ANUE est bien placée. Pour commencer à construire un écosystème de données ouvert, nous devons aborder des questions clés, notamment : Comment financer les coûts de maintenance d’un bien public mondial, y compris l’acquisition, le traitement, le stockage et l’analyse des données ? Comment répartir l’infrastructure au niveau global? Comment s’assurer que les données soient utilisées par le gouvernement, la société civile et le secteur privé ? Qui devrait être le principal dépositaire de ces données, et comment l’écosystème peut-il être gouverné ?

Alors que le monde se réunit à Nairobi, ces questions devraient être au centre des efforts visant à définir un cadre environnemental international qui favorise la consommation et la production durables.

Au PNUD et à ONU Environnement, nous sommes prêts à soutenir cet effort en utilisant notre pouvoir de mobilisation pour développer une vision commune et des options de financement pour un écosystème ouvert de données environnementales.

Medium.com/PNUD

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4ème session de l’assemblée générale de l’ONU sur l’environnement au quartier général de l’ONU à Nairobi

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