EADEV : L’environnement, l’agriculture et la politique pour le développement durable

JOURNEES DE REFLEXION SUR : LA REDUCTION DES IMPORTATIONS ALIMENTAIRES EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO « Plus au moins 1,5 milliards de dollars par an pour importer de la nourriture, c’est trop»

Article




1. Contexte et justification
Du 15 au 17 avril 2019



Les potentialités agricoles de la RDC ne peuvent pas justifier les importations alimentaires, qui selon la Banque centrale du Congo, représentent en moyenne une valeur annuelle de plus au moins 1,5 milliard de dollars américains, c'est-à-dire le ¼ du budget 2018. Il est donc vrai, sans exagération, qu’à cette allure, la construction du bien-être commun risque de demeurer un vœu pieu.



Les importations de produits alimentaires ont augmenté de manière exponentielle pour approvisionner le marché intérieur des villes. Cette évolution reflète l’interaction de trois facteurs : (i) l’effondrement de la production agricole nationale, (ii) l’effet positif de la démographie sur la demande, et (iii) les effets d’une urbanisation galopante conjuguée à une paupérisation croissante d’une importante couche de la population.



Il est largement reconnu que ces importations alimentaires constituent un frein au développement socio-économique du pays. Les grands centres urbains, en particulier Kinshasa et Lubumbashi, ne sont plus approvisionnés de façon générale par la production intérieure, mais par des importations, même pour des produits pour lesquels le pays a des avantages comparatifs certains, tels que le riz, le maïs, l’huile de palme ainsi que la viande.



En dépit du volume de ces importations, plus de 70 % de la population congolaise vit encore dans l’insécurité alimentaire. Actuellement, la RDC figure parmi les pays où le taux de malnutrition est le plus élevé au monde.



Il est cependant vrai que certaines tentatives du redressement du secteur agricole n’ont pas permis une réduction structurelle des importations alimentaires. Les raisons sont multiples et parmi elles nous pouvons citer : (i) la réhabilitation des routes de desserte agricole (route en terre) avec une durée de vie très courte, (ii) les politiques commerciales défavorables aux productions locales, (iii) les pratiques de certains dirigeants, plus préoccupés par leur enrichissement personnel que par le bien commun,(iv) les politiques d’investissements guidées par des profits à très court terme, alors que le développement agricole doit être pensé dans la durée, (v) les politiques économiques appliquées par les différents gouvernements qui se sont succédés depuis plusieurs décennies qui ont toujours privilégié le secteur minier et l’approvisionnement du pays à partir d’importations alimentaires.



Les difficultés d’approvisionnement des villes congolaises par les produits locaux sont d’abord liées au mauvais état des infrastructures de transport. Les routes ne sont praticables que sur certains axes et dans les régions ayant bénéficié d’une réhabilitation partielle des infrastructures routières et de desserte agricole. Compte tenu de l’état du réseau et du prix du carburant, le coût du transport routier est toujours élevé. Les transports fluviaux sont en plein développement, mais les moyens restent insuffisants. L’état général de la flotte, la qualité du balisage et du dragage des fleuves et rivières et les tracasseries administratives ralentissent considérablement les rotations.



Les produits alimentaires de base importés et vendus à Kinshasa et dans d’autres villes de la RDC coûtent de plus en plus chers, mais sans que cela incite véritablement les producteurs locaux à produire. On peut donc regretter ce paradoxe congolais qui trouve, son origine, dans ce que l’on appelle communément la mauvaise gouvernance.



Voilà pourquoi, une politique adéquate de développement agricole dans le pays s’avère indispensable. C’est-à-dire, commencer par promouvoir véritablement le secteur agricole, ensuite, intensifier l’agro-industrie à travers le pays. Ceci, afin de garantir une production agricole suffisante pour la sécurité alimentaire des Congolais.



Comment peut-on apporter des solutions claires, objectives et visibles sur le plan agricole ? Il ne nous semble pas y avoir d’obstacles insurmontables pour le développement agricole du Congo, mais il est urgent de mettre sur pied un Programme agricole basé sur la réduction des importations alimentaires en vue d’assurer la sécurité alimentaire et de lutter contre la pauvreté ainsi que le chômage.



2. Objectifs des journées



L’objectif global visé est de contribuer à la réalisation de la sécurité alimentaire et à l’amélioration durable et effective des conditions de vie des populations. Spécifiquement, les journées visent à élaborer un programme de réduction des importations alimentaires en RDC avec des résultats dans le court, le moyen et le long terme.



3. Résultats attendus



Les résultats attendus par ces journées de réflexion sont : (1) Un Programme de réduction des importations alimentaires élaboré ; (2) Des partenaires techniques et financiers de la RDC sensibilisés sur la promotion de l’agriculture ; (3) Des orientations stratégiques définies pour la relance de l’agriculture en RDC.



4. Livrables



(i) Un (1) programme de réduction des importations alimentaires élaboré et transmis au Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Félix TSHISEKEDI ; (ii) Un (1) rapport reprenant les communications faites et les orientations stratégiques pour relancer l’agriculture en RDC rédigé.



5. Participants



Les participants (120 au total) aux journées sur invitation sont : (i) les délégués des ONG locales et internationales du secteur de l’agriculture (15), (ii) les délégués des agriculteurs et exploitants agricoles (15), (iii) les délégués du monde académique (40 enseignants et étudiants), (iv) les représentants de l’Administration publique (20), (v) les représentants des partenaires techniques et financiers (Union Européenne, Banque Mondiale, FIDA, USAID, FAO, PNUD, BAD, DFID, GIZ, AFD, JICA, KOICA, etc.), les chercheurs et autres experts indépendants (30).



La Rédaction, le 21 mars 2019


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Commentaires

MWENGI NGWANGO Simon || 22/03/19 - 12:03:08
CABD