EADEV : L’environnement, l’agriculture et la politique pour le développement durable

La femme : actrice incontournable du développement socio-économique

Article


La violence et la discrimination vis-à-vis des femmes constituent un frein pour le développement durable de l’humanité.



Introduction



La violence à l’égard des femmes est tout acte portant un préjudice physique, sexuel ou psychologique, dans la sphère privée comme
dans la sphère publique. La journée du 8 mars existe parce que l’humanité s’est rendu compte qu’elle était sur la mauvaise voie qui
consiste à ignorer, bafouer, violer et marcher sur les droits des femmes. De la naissance à leur mort, certaines femmes sont
victimes des violences insupportables : humiliées, frappées, violées, harcelées et insultées sur la rue et au travail ou encore
mariées de force, mutilées et parfois victimes de crimes d’honneur.




Toutes ces souffrances sont visibles sur les yeux des femmes. Comment pourrions-nous, dans ces conditions, construire un monde
meilleur pour tous ? La valeur d’une société se mesure en premier lieu par la qualité de ses femmes : parce que la femme constitue
la source de la vie, elle est l’actrice principale du développement socio-économique, elle est en première ligne dans les actions
visant la protection de l’environnement, elle est la gardienne des valeurs culturelles et morales, etc. Ignorer la place de la
femme et la soumettre dans les violences de toutes sortes, c’est compromettre dans la durée, le développement durable de l’humanité.



Malgré leurs salaires inférieurs par rapport aux hommes pour le même poste dans les entreprises, elles sont peu ou pas impliquées
dans le détournement de fonds. Dans l’armée ou dans les forces de sécurité, les femmes remplissent loyalement leur mission et ne font
l’objet d’aucune manipulation. Dans l’enseignement, les femmes montrent une grande capacité d’analyse et de conduite exemplaire.



Les efforts nécessaires pour la transformation radicale de l’humanité doivent être fournis dans la lutte contre les violences faites
aux femmes et toutes les pesanteurs qui les empêchent à contribuer efficacement à l’édification de l’humanité. Les sciences
évolutives comme la génétique montre qu’une femme intelligente à plus de chance d’avoir des enfants intelligents.



La question de la femme africaine



La problématique de la femme africaine peut être abordée de deux manières : (i) la femme rurale, (ii) la femme urbaine.





(i) La femme rurale : caractérisée par un niveau d’instruction généralement bas à la suite du mariage précoce, de la pauvreté
familiale, des coutumes, et bien d’autres tares qui rongent la société africaine en général. Malgré ces multiples contraintes, elle
est le pivot du système économique africain basé essentiellement sur l’agriculture. Elle participe efficacement à la lutte contre
le changement climatique en plantant les arbres (agroforesterie et autres) et en gérant la biodiversité.




L’éducation des enfants lui incombe en dépit de sa journée de travail très chargée. Les garçons sont privilégiés par rapport aux
filles en ce qui concerne l’instruction à cause des ressources financières limitées des familles et aussi, d’une mauvaise appréciation
des parents pour la plupart attachés à de fausses valeurs.





Dans certains milieux ruraux, la situation est simplement alarmante, car en plein XXIe siècle, la femme continue de parcourir des dizaines
de kilomètres, jarres ou seaux sur la tête, pour se rendre au puits ou à la rivière pour se ravitailler en eau, du reste de qualité médiocre.



L’accès à la terre constitue un obstacle majeur à l’épanouissement des femmes rurales. La sécurité familiale de la femme n’est pas
assurée, elle perd tout après le décès de son mari ou après le divorce. C’est ici le lieu de condamner la faiblesse du pouvoir
public dans l’application du Code de la famille et d’autres lois relatives à la protection de la famille. Une société sans lois ou
avec des lois non appliquées ne peut pas se développer durablement.



L’insécurité récurrente dans beaucoup de régions africaines orchestrée par des groupes armées incontrôlés et des bandits de tous bords, a
provoqué des actes de violence d’une ampleur intolérable vis-à-vis des femmes : viols (bébés, jeunes filles, mères, vieillards), tueries
diverses, conflits interethniques, etc.



Les mutilations génitales féminines sont encore pratiquées dans certains pays d’Afrique où les Dirigeants ne savent pas appliquer la loi.
Le disfonctionnement des systèmes sanitaires entraine des dégâts importants : décès maternel et infantile, etc.



Les dirigeants africains sont les premiers responsables de la tragédie que traversent les femmes rurales africaines. Leur incapacité à
construire des Etats démocratiques et prospères en dépit des ressources dont regorgent le continent, reste l’obstacle majeur à l’égalité
entre homme et femme.



(ii) La femme urbaine : caractérisée par un niveau d’instruction assez acceptable (lecture, écriture, calcul), elle fait face à de
nombreuses contraintes dans les villes où l’emploi est un calvaire pour les citoyens. Prises entre le marteau des pesanteurs sociorel
igieuses et l’enclume de la loi, lorsqu’elles tombent enceinte, elles avortent ou parfois même tuent leurs enfants à la naissance,
au péril de leur vie. Tout cela parce que les lois, dans beaucoup de pays africains, ne sont pas contraignantes en matière de
paternité.



Bassins à la tête, elles laissent maris et enfants pour acheter des pains, des sacs de manioc/maïs à revendre en détails dans les
rues des villes/cités, pour faire face aux besoins familiaux : loyer, frais scolaires, soins de santé, etc. Frappées par le soleil
et une chaleur étouffante, ces femmes courageuses déferlent à pieds dans toutes les villes/cités de l’Afrique pour trouver de quoi
survivre.





Trouver du travail pour celles ayant un diplôme d’Etat ou d’études supérieures, constitue un parcours de combattant. Des promesses
d’emplois en échange des faveurs peu orthodoxes sont observées ici et là.



Quelques pistes de solution



La lutte contre la violence faite aux femmes reste une préoccupation majeure pour l’humanité. Certains groupes de femmes, notamment
les femmes autochtones, jeunes, rurales ou appartenant à une minorité ethnique, demeurent vulnérables à la violence.



En effet, en dépit des efforts considérables déployés par de nombreux pays d’Afrique pour lutter contre la violence à l’égard des
femmes et filles, cette violation fondamentale des droits de la femme demeure. Pour lutter contre la violence et toute autre forme
de discrimination contre les femmes, les actions suivantes doivent être envisagées :



(i) Eduquer et sensibiliser les hommes et les femmes sur les conséquences des violences faites aux femmes et jeunes filles.
En effet, il n'y aura pas de vrais progrès sans une évolution des mentalités et des habitudes sociales et sans une prise de
conscience des droits des femmes et de la violence qu'elles subissent.

(ii) Revisiter les normes sociales relatives aux rôles assignés à chaque sexe et aux relations de pouvoir entre les femmes
et les hommes, ainsi qu’à renforcer les cadres juridiques favorisant l’émancipation de la femme et de la jeune fille.

(iii) Lutter efficacement contre la pauvreté par la création d’emplois, la mise en place des projets de développement, l’entrepreneuriat
des jeunes, etc. où les femmes doivent être la priorité.

(iv) Améliorer le niveau d’éducation des jeunes filles par l’application des lois relatives à l’éducation et de la femme par
l’alphabétisation pour celles n’ayant aucun niveau d’instruction.


Conclusion.



Il faut reconnaître que la violence contre les femmes vient d'une discrimination fondée sur le sexe et de l'inégalité entre hommes et
femmes. On ne peut pas espérer la faire reculer sans tenir compte du contexte général dans lequel évoluent les femmes et les jeunes
filles, et de la nécessité de faire respecter leurs droits fondamentaux en général. Les décisions politiques, les lois, les
décisions économiques, etc. ont une incidence sur les femmes et sont susceptibles de les rendre plus ou moins vulnérables à la
violence.



Mettre fin à la violence contre les femmes n'est pas la responsabilité d'une seule personne, d'un acteur ou d'un groupe. Pour
obtenir un changement significatif, il faudra une action collective, dans laquelle chaque acteur a un rôle à jouer. Il existe au
contraire des démarches diverses, qui reflètent la diversité des situations et des expériences.



La persistance d’attitudes et de comportements perpétuant les stéréotypes négatifs, les inégalités entre les sexes et la violence
à l’égard des femmes, entrave considérablement l’élimination du problème.



A l'occasion de cette Journée Internationale de Droits des Femmes que nous considérons comme un moment de réflexion, les pensées
de l’Equipe EADEV-AGRO-CONGO.COM vont vers toutes ces femmes et filles Congolaises violées, mutilées, veuves et orphelines
condamnées à la résilience sans que justice ne soit faite.



Le combat pour l’égalité et la justice pour tous fait partie de notre ligne éditoriale. Le changement de mentalités et d’attitudes
reste la première arme contre la violence faite aux femmes. Nous mènerons ce combat jusqu’à la victoire finale.




Fait à Kinshasa, le 09 mars 2018


La Rédaction

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Commentaires

Denisette lufungula
La femme a besoin de ses droits ,la femme mérite le respect de tous,les violences faites à la femme doivent prendre fin ,merci à l'éditorial pour cet arcticle || 12/05/18 - 09:05:56
Valère
Bien dit, nos respect a eux pour toute leur sacrifice... Nos maman mérités le meilleurs. Elles nourrissent le monde. Je pense a vous. Merci || 11/03/18 - 11:03:05
CABD