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Elevage des insectes : avec un faible impact environnemental, une des solutions pour nourrir 9 milliards d’individus d’ici 2050

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En Afrique et en Asie, la population consomme des insectes depuis longtemps déjà. On estime qu’actuellement près de 2,5 milliards d’individus en Afrique, en Asie et en Amérique du sud se nourrissent quotidiennement d’insectes. Soit en substitut soit en alternance avec le poisson ou la viande. Il faut dire que les insectes sont littéralement bourrés de protéines et d’éléments nutritifs excellents pour la santé et on en trouve en abondance un peu partout sur la planète.



Quels sont les insectes comestibles et non comestibles ?



Les insectes sont couramment consommés dans de nombreuses régions du globe : dans près de 90 pays, notamment en Asie, en Afrique, en Amérique du Sud, les insectes font partie intégrante des pratiques culinaires ; l'entomophagie concerne près de deux milliards d'êtres humains.



1. Des aliments riches en protéines



Les protéines sont à la base du fonctionnement du corps. D’après des études scientifiques, le taux de protéines des insectes comestibles est supérieur à celui des végétaux ainsi qu’à celui des viandes, œufs et volailles vendus dans le commerce. Il peut atteindre 75% sur extrait sec.



2. Une solution pour nourrir 9 milliards d’individus d’ici 2050



Si manger des insectes se pose aujourd’hui en tant que question, il se pourrait que cette question devienne une évidence et une nécessité dans les décennies à venir. Nous serons 9 milliards sur terre en 2050. Pour satisfaire les besoins, la production mondiale de viande va devoir doubler. Cependant, les surfaces agricoles ne seront pas suffisantes pour assurer une telle production. La production et la consommation d’insectes se révèlent être une solution 100 % naturelle pour répondre à ce défi.



3. Un élevage avec un faible impact environnemental



La production de gaz à effet de serre est considérée comme une cause prédominante du changement climatique. Les gaz à effet de serre les plus importants sont le dioxyde de carbone (C02), le méthane (CH4) et l’oxyde nitreux (N2O). Les élevages traditionnels pour la production de viande contribuent fortement aux émissions anthropogéniques de ces gaz. Ces élevages produisent aussi une grande quantité d’ammoniac (NH3) responsable de l’acidification et de la nitrification des sols.



Les chercheurs de l’Université de Wageningen (Pays-Bas) ont récemment montré que l’élevage d’insectes comestibles comme les criquets, les grillons et les vers de farine produisait beaucoup moins de gaz polluants comme le méthane et l’oxyde de nitrate que les élevages porcins et bovins. Produire un kilo de vers de farine entraine l’émission de 10 à 100 fois moins de gaz à effet de serre que produire un kilo de viande de porc. A poids égal, le cochon produit 8 à 12 fois plus d’ammoniac que les criquets et jusqu’à 50 fois plus que les sauterelles. L’élevage d’insectes est ainsi une alternative pour la production de protéine animale à faible impact environnemental.



4. Une source plus sure de nourriture



Le Dr. Dicke est entomologiste à l’Université de Wageningen aux Pays-Bas et étudie avec son équipe les insectes en tant que source de nourriture pour l’Homme. Selon lui, une des raisons majeures de consommer des insectes serait que les insectes en tant qu’aliments transmettraient moins de maladies vers l’Homme comparé aux sources de viande traditionnelle. La raison ? Les animaux traditionnels que nous consommons sont beaucoup plus proches des humains dans l’arbre de l’évolution que les insectes. Les humains et les animaux d’élevages traditionnels ont beaucoup de maladies communes. Ainsi, de nombreuses maladies qu’on retrouve chez les animaux traditionnels peuvent se développer en mutant chez l’Homme. Les récentes grippes aviaires et porcines en sont un parfait exemple.



5. Un taux de conversion inégalé



Les animaux ne transforment pas toute la nourriture qu’ils ingèrent pour grossir et se développer. Une partie est notamment utilisée par les animaux pour se chauffer. Les insectes ne produisant pas de chaleur, la majorité de ce qu’ils ingèrent est dédiée à la croissance. En effet, avec 10 kg d’aliments, vous produisez 1 kg de viande bovine, 3 kg de viande porcine, 5 kg de volaille et 9 kg d’insecte. Ainsi, produire de grosses quantités de protéines nécessite moins de produits agricoles.



6. Une alternative aux productions animales intensives



Beaucoup d’élevages porcins, bovins et de volailles pratiquent l’élevage intensif pour augmenter le rendement et répondre à la demande. 80 % des poules soit 36 millions d’individus sont élevées de cette manière. Cette pratique se traduit notamment par une forte densité d’animaux et un environnement très différent du milieu naturel des animaux. Les élevages en batteries confinent les animaux dans des cages et l’espace disponible est réduit au minimum vital.



La forte promiscuité des individus engendre plusieurs types de problème. Des maladies apparaissent fréquemment et entrainent l’utilisation massive d’antibiotiques et d’anxiolytiques. Certains animaux comme les poules peuvent développer des anomalies du comportement (excès d’agressivité,..). Avec l’élevage, le transport et l’abattage des animaux peuvent aussi être sources de problèmes dans certains cas. Le transport peut engendrer des blessures comme des fractures chez les poules.



7. Participe au maintien de la biodiversité



Plusieurs études scientifiques ont permis de mettre en évidence des liens entre l’entomophagie et le maintien de la biodiversité. Au Malawi, la consommation et la récolte contrôlée d’une espèce de chenille ont permis la sauvegarde de leur arbre hôte et ainsi la préservation de la chenille.



Même si les élevages d’insectes à des fins alimentaires ont tendance à se développer, une grande majorité des espèces d’insectes consommées en Asie ou en Afrique provient de prélèvements en milieux naturels. Non contrôlés, ces prélèvements peuvent mettre en danger les espèces. L’élevage permet de réduire les prélèvements en milieu naturel par un approvisionnement fiable en insectes comestibles. L’élevage peut aussi réduire la pollution organique en recyclant les déchets agricoles et forestiers dans de l’alimentation de haute qualité.



8. Une variété de gouts et de formes



On compte aujourd’hui près de 1400 espèces d’insectes consommées par l’être humain. La liste peut être consultée via ce lien. Beaucoup de ces insectes comestibles sont des insectes familiers que l’on côtoie depuis toujours. Fourmis, termites, grillons, criquets, chenilles et sauterelles sont par exemple des mets de choix dans de nombreux pays. Les insectes peuvent être déclinés à toutes les sauces : vivant, nature, frits ou bouillies, caramélisés, seuls ou accompagnés. On leur associe des gouts très diversifiés, allant de la noix pour les vers de farine au gorgonzola pour les nèpes. Dans le nord-est de la Thaïlande, une étude révèle que 75% des personnes interrogées invoque le gout comme principales raisons de manger des insectes.



De la fourmi minuscule à la punaise d’eau géante, la taille et la forme des insectes comestibles est d’une richesse incomparable. Seule l’imagination peut limiter les combinaisons de gout et de formes qui peuvent être créées. Ingrédients dans de nombreux plats, les insectes comestibles se retrouvent comme condiments, en apéritifs, en plats principaux ou en dessert. Dans l’ile de Bornéo, des fourmis sont mélangés avec du chili et du sel pour être utilisées comme condiments de certains plats.



Les insectes comestibles et non comestibles ?



Les sauterelles sont très riches en protéines et nutriments. La sauterelle est l'insecte qui affiche le plus haut niveau de protéines. Les protéines sont nécessaires pour la production d'anticoprs et pour le bon fonctionnement des muscles et des différents organes.



Les chenilles d'Afrique



Les chenilles d’Afrique appartiennent à l’espèce Sapelli, ou Imbrasia oyemensis. Cette espèce se rencontre principalement en Afrique centrale et de l’ouest, où elles y sont traditionnellement consommées par la population locale, notamment les Pygmées.



Cette espèce de chenille tient son nom d'un fait bien particulier : leur nom est associé à celui d'un arbre, le Sapelli (Entandrophragma cylindricum). Durant la saison des pluies, ces chenilles tombent des arbres. L’explication de ce phénomène étrange est simple : leurs pattes n’adhèrent plus aux feuilles de l’arbre rendues glissantes, et une fois « tombées du ciel », il ne reste plus qu’à les ramasser.



Les chenilles Sapelli se nourrissent principalement du feuillage des arbres et des arbustes. Elles muent à intervalles réguliers, habituellement quatre à six fois avant d'entrer en stade de chrysalide, puis de se transformer en papillon.



Les fourmis



Les fourmis : la majorité d'espèces de fourmis sont comestibles, particulièrement les fourmis charpentières, les fourmis coupeuses de feuilles et les fourmis pot-de-miel.



Les fourmis pot-de-miel possèdent un abdomen rempli d'une substance semblable au nectar, qui est utilisée pour nourrir les d'autres fourmis, une sorte de "garde-manger vivant".



Les fourmis ailées : elles sont croustillantes une fois rôties, salées et trempées dans du jus de lime. Ces fourmis ont le goût de couennes de porc au beurre.
Les vers de bambou : souvent dégustés frits en Thaïlande, ils sont des chenilles de la teigne herbe et mangent leur chemin à travers le bambou avant de se métamorphoser.
Les cigales périodiques : Elles vivent pendant 17 ans avant d'émerger et de devenir des adultes. Juste après leurs mues, elles deviennent gazeuses, juteuses et très tendres. Différentes espèces de cigales sont également consommées dans de nombreux pays d'Asie, comme le Japon, la Thaïlande et la Malaisie.



Termite : Les termites sont souvent consommées crues et on les trouve dans la nourriture des peuples vivants près de monticule tels le Kenya.



Les grillons : frits, sautés, bouillis ou rôtis, ces insectes agités sont parmi les plus consommés.



Les insectes toxiques



Les insectes ayant des couleurs très vives sont à éviter dans la plupart des cas. La combinaison de couleurs vives qui se répand dans la nature est généralement un signe d’une forme de vie toxique. Cette catégorie d’insectes décourage ainsi ses prédateurs en affichant sa particularité toxique.



La majorité de ces insectes ne piquent pas, mais libèrent certains odeurs néfastes à travers des réactions chimiques. Parmi les insectes qui déclenchent une défense chimique, figurent certains coléoptères comme le Coléoptère bombardier et le méloé enfle-bœuf.



De nombreux autres insectes sont toxiques parce qu'ils conservent les toxines de plusieurs plantes pour en constituer leur propre défense. Pour cette raison, les insectes qui se nourrissent principalement des familles de plantes suivantes sont à éviter : les Apiacées (la famille des carottes), les Fabacées (la famille des haricots), les Euphorbiacées (la famille de l'euphorbe et de l’étoile de noël) les Convolvulacée (la famille de la gloire du matin).



Les insectes dangereux



Ces insectes peuvent être difficiles à manipuler et à nettoyer, à l’instar des guêpes, des frelons, des abeilles et des bourdons. Leurs aiguillons venimeux injectent un mélange chimique causant une douleur intense. Hormis le risque de piqure, une fois que l’on ingère leurs glandes vénéneuses, il est possible de subir une indigestion.



Les cafards : vous pouvez consommer des cafards, à condition qu’ils ne soient pas collectés dans ou autour de votre maison. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les cafards peuvent effectivement être très propres et savoureux, surtout s'ils sont nourris de fruits et de légumes frais. Ils peuvent être consommés grillés, frits, sautés ou cuits.



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