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RDCongo : Le CLC exige une autre équipe à la Cour Constitutionnelle et à la Ceni

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Dans un communiqué daté du 12 juillet, le Comité laïc de coordination (CLC), qui avait organisé les marches de chrétiens contre la prolongation illégale de Joseph Kabila au pouvoir en 2017-2018, a rompu le silence qu’il observait depuis le 29 janvier dernier, cinq jours après la proclamation de Félix Tshisekedi comme Président de la République.



Le CLC « a attendu la fin du traitement des litiges liés aux élections » du 30 décembre dernier pour lancer ce communiqué. Alors que la Ceni (Commission électorale nationale indépendante, acquise à Joseph Kabila et dont les dirigeants font l’objet de sanctions des Etats-Unis) n’a toujours pas communiqué le détail des résultats électoraux – ce qui rend impossible tout jugement sérieux sur les litiges électoraux – la Cour constitutionnelle avait invalidé 23 députés d’opposition proclamés « élus » par la Ceni, avant de réhabiliter la moitié d’entre eux début juillet de manière tout aussi peu convaincante.



« Avec regret (le CLC) constate que les alertes qu’il n’a cessé de lancer dans la phase préélectorale se trouvent largement confirmées. La gestion électorale, en dehors d’avoir abouti à l’expérience de l’alternance au sommet de l’Etat, a plutôt accouché d’une crise postélectorale majeure dont la RDC aurait pu se passer. Ce cauchemar est l’œuvre délibérée de deux grandes institutions de la épublique, à savoir la Commission électorale nationale indépendante et la Cour constitutionnelle« .



Bicéphalisme politique fabriqué



La première « en se soustrayant de l’obligation constitutionnelle de publier en détail les résultats électoraux, a fabriqué en toute conscience une situation de bicéphalisme politique » qui « condamne le pouvoir exécutif à la paralysie« . En effet, alors que les administrations publiques « sont dans un état plus que lamentable« , la longueur des tractations pour constituter un gouvernement « augure de graves difficultés à venir » « Toute velléité de réforme ne pourra échapper au piège de longues tractations » retardant d’autant les changements attendus par la population.



La Cour constitutionnelle, quant à elle, « a pris la redoutable responsabilité de consacrer la ruine totale du système judiciaire national ». Elle « n’a jamais été autre chose qu’une simple chambre d’enregistrement dans laquelle la raison la meilleure est toujours la raison du plus fort« .



Démission et remplacement



Le CLC incite les Congolais à ne pas se laisser décourager par ces pratiques « honteuses ». « De manière inlassable, le combat pour l’Etat de droit doit se poursuivre« , ce qui passe par la réhabilitation des « institutions d’excellence ».



En conséquence, le CLC « exige la démission immédiate de tous les soi-disant juges constitutionnels » et leur remplacement par « des juges compétents, dignes et intègres« . Il mobilisera ses « partenaires » à cette fin. Le CLC préconise l’instauration d’une juridiction spéciale pour « statuer sur les manquements des magistrats afin de les radier de ce corps d’élite»



Quant à la Ceni, « aucune éclection n’est envisageable dans la composition actuelle de (sa) haute direction« . Cela exige « le renouvellement préalable de cette équipe« , « l’organisation d’un recensement général de la population » et la réforme de la loi électorale.



Libre Afrique


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