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RDC-Kongo central (Luozi) : Les opportunités et contraintes liées à la production d’oranges dans la région de Kibunzi

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La région de Kibunzi, située à l’ouest de Luozi dans la province du Kongo-central, est spécialisée dans la production et la commercialisation d’agrumes (oranges majoritairement). La culture d’agrume a été mise en œuvre à la suite de l’installation d’une communauté suédoise au début du XXe siècle. Ce sont essentiellement les économies faites sur les bénéfices des productions vivrières qui permettent de créer petit à petit un verger. Cette culture pérenne requiert une capacité d’investissement et une trésorerie conséquente pour démarrer et entretenir le verger pendant 15 à 20 ans avant que le verger n’entre en pleine production. Une fois à ce stade, le verger nécessite par contre peu de dépenses et d’entretien et est à ce titre considéré comme « une culture de retraite ». Suite à cela, l’agrumiculture a connu un essor important dans cette zone où la commercialisation des oranges est systématique, mais il n’existe pas de filière de transformation. Ce sont les commerçants eux-mêmes qui gèrent la récolte. C’est-à-dire que le producteur vend sa production en champs (non récoltée). Le commerçant emploie alors de la main- d'œuvre locale pour récolter les fruits et les transporter jusqu’au lieu d'évacuation. L’écoulement des fruits se fait majoritairement vers Brazzaville. En effet, le prix d’achat est toujours plus élevé que celui pratiqué par des commerçants de Kinshasa et la valeur de la marchandise est payée directement, en même temps que le chargement des agrumes.

Dans le cas où les oranges sont vendues à Kinshasa ou dans l’une des grandes villes de la province (Matadi, Moanda et Boma), l’écoulement se fait majoritairement par la route nécessitant la traversée du fleuve Congo. Dans ce cas, la traversée du fleuve par le bac est inévitable et aléatoire, ceci constitue un goulot d’étranglement qui freine l’évacuation des productions d’oranges vers les grands marchés. Toutefois, deux bacs sont présents, mais un seul des deux est en activité : le « grand bac » d’une capacité de 30 T environ. Le petit, d’une capacité de 12T, entre en activité seulement en cas de panne du grand bac.

Les filetsd'oranges peuvent traverser le fleuve de différentes manières : hors camion sur le bac, dans le camion sur le bac, en pirogue, etc. Il faut donc de la main d’œuvre pour décharger recharger à chaque changement. Selon l’état des routes, il faut environ deux semaines pour que la production arrive jusqu’à Kinshasa. Le caractère périssable des oranges est donc constitue une contrainte face à la durée du transport, surtout pendant la saison pluvieuse. En outres, les producteurs d’oranges sont victimes des tracasseries routières par les différents services de l’Etat.
Le degré élevé d’enclavement de la zone, ainsi que le mauvais état des pistes, ont un impact considérable sur l’écoulement des produits agricoles vers les grands centres de consommation. Il s’avère donc nécessaire que les autorités provinciales améliorent les conditions d’évacuation des produits agricoles à Kibunzi; dans le sens de faciliter la circulation des personnes et e leurs biens. Ceci passe par réhabilitions des différents tronçons routiers sur lesquels passent les produits agricoles, et l’installation de petites usines locales de transformation pour la production du jus d’orange en vue d'améliorer les revenus des producteurs.

Par Ingénieur Yves NKANGU, (nkanguyves@gmail.com, +243826568615)

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