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La protection des tourbières et la lutte contre le changement climatique : la gestion responsable du Bassin du Congo s’impose

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La tourbière est une zone humide caractérisée par l'accumulation progressive de la tourbe, un sol caractérisé par sa très forte teneur en matière organique, peu ou pas décomposée, d'origine végétale. Quand elles tombent des arbres, les feuilles s'accumulent sur le sol humide. Elles forment la tourbe, qui stocke le carbone au fil des ans.

On pense que la tourbière de la forêt équatoriale du bassin du Congo a emmagasiné près de 30 milliards de tonnes de carbone. Ce stock de carbone piégé équivaut à trois ans d’émissions mondiales liées aux énergies fossiles, ou à vingt années des émissions des Etats-Unis liées aux énergies fossiles ou autant que l’ensemble du carbone stocké au-dessus du sol dans les 228 millions d'hectares des forêts du Bassin du Congo. En cas de mauvaise gestion de cet écosystème, le carbone serait libéré dans l'atmosphère, ce serait alors une véritable catastrophe climatique et donc environnementale.

Selon les analyses isotopiques menées par Greta Dargie, géographe à l’université de Leeds en Grande Bretagne, et ses collègues, la tourbe a commencé à s’y accumuler il y a 10 600 ans. Elle forme désormais une couche épaisse de 2,4 mètres en moyenne (jusqu’à 5,9 mètres par endroits), sur une superficie de 145 500 km2.

Mais, les forêts du Bassin du Congo sont soumises à des pressions croissantes qui pourraient, à terme, entraîner une très forte dégradation et accroître la pauvreté de la population, très nombreuse, qui dépende encore étroitement des ressources spontanées qu’offre la forêt. La transformation des tourbières à des fins agricoles, pétrolières ou minières aurait des conséquences environnementales très lourdes, selon les experts.

De même, le projet de transfert de l’eau de l’Ubangi vers le lac Tchad risque de briser la chaine d’approvisionnement en eau de ces zones avec toutes les conséquences sur la biodiversité et le climat.

Le changement climatique est devenu l’un des défis environnementaux les plus importants auxquels est confronté notre temps. Dans un contexte où des efforts croissants sont déployés et des initiatives encouragées pour la réduction des émissions des gaz à effet de serre, il est important que les efforts et les études nécessaires soient réalisés sur l’avenir des tourbières congolaises.

Les forêts du Bassin du Congo représentent le second plus grand massif de forêts tropicales au monde, après l’Amazonie. Elles s’étendent sur une superficie de près de 228 millions d’hectares, couvrant le Congo, le Cameroun, la Centrafrique, la Guinée Equatoriale, la RDC et le Gabon. Considéré comme le deuxième poumon du monde, le Bassin du Congo occupe 26% de la surface des forêts tropicales de la planète et abrite une biodiversité exceptionnelle et des peuples uniques. Ces forêts sont essentielles à la survie de l’humanité. Elles génèrent l’oxygène et tiennent également un rôle important dans la stabilité climatique. Les forêts du Bassin du fleuve Congo interviennent dans la régulation des précipitations locales et régionales, en générant 75 à 95% des précipitations de la région. La plupart des précipitations arrosant le continent africain prennent naissance dans cette région. Cela diffère considérablement des autres grandes forêts tropicales et bassins versants terrestres.

Texte rédigé sur base de la réflexion de Josiane Mambou Loukoula

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