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Prévention du génocide : une responsabilité morale et juridique qui incombe au premier chef aux États

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Les Nations Unies appellent tout un chacun à réfléchir à ce que nous pouvons faire de plus pour que les obligations énoncées dans la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide soient respectées.

« Trop souvent, le monde a manqué à son devoir envers les populations menacées de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et de nettoyage ethnique. Les exemples sont nombreux, et nous les connaissons bien », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres.

« Aujourd’hui encore, les blessures infligées par ce crime infâme causent de grandes souffrances. Le traumatisme subi par les victimes, les communautés et les sociétés dans leur ensemble peut prendre des générations à guérir », a déploré M. Guterres dans un message publié à l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes du crime de génocide, d’affirmation de leur dignité (9 décembre).

En intervenant dès les premiers signaux d’alarme et en investissant dans la prévention rapide, l’ONU souligne qu’il est possible de sauver des vies et d’enrayer, voire de mettre en échec, les tentatives d’élimination de groupes vulnérables.

« Lorsque nous voyons des populations subir des discriminations systématiques ou devenir la cible d’actes de violence simplement en raison de leur identité, nous devons agir – pour défendre aussi bien les personnes qui courent un risque immédiat que celles qui pourraient être menacées à l’avenir », a souligné M. Guterres.

« La prévention du génocide n’est pas seulement un impératif moral, c’est une obligation juridique aux termes de l’article premier de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide », a rappelé le Secrétaire général, précisant que « la responsabilité de prévenir ce crime incombe au premier chef aux États ».

Prévention du génocide : passer des discours aux actes
Face au risque de génocide, des solutions existent, rappelle l’ONU. En promouvant une culture de la paix et de non-violence qui garantisse le respect de la diversité et la non-discrimination, l’humanité peut bâtir des sociétés résilientes face à ce risque. La société civile, les responsables religieux, les médias et les enseignants jouent un rôle important en matière de prévention du génocide.

Cette année, le chef de l’ONU a lancé deux initiatives : la Stratégie et le Plan d’action des Nations Unies pour la lutte contre les discours de haine coordonné par son Conseiller spécial pour la prévention du génocide, Adama Dieng ; et le Plan d’action pour la protection des sites religieux, supervisé par son Haut-Représentant pour l’Alliance des civilisations (UNAOC), Miguel Ángel Moratinos. Ces deux initiatives visent à dynamiser l’action de l’ONU face à ces deux fléaux contemporains et à y associer des partenaires, en collaboration étroite avec les pouvoirs publics.


Les Nations Unies estiment qu’il est aujourd’hui particulièrement urgent d’investir dans la prévention. « Partout dans le monde, nous assistons à une montée inquiétante de la xénophobie, du racisme, de l’antisémitisme, de l’islamophobie et des attaques contre les chrétiens, souvent alimentés par des idéologies nationalistes et populistes », a déploré M. Guterres.

« En ce jour, il est important de prendre conscience du fait que l’Holocauste n’a pas commencé par les chambres à gaz, pas plus que les génocides perpétrés au Rwanda, à Srebrenica ou au Cambodge n’ont commencé par des massacres. Ils ont tous été précédés d’actes de discrimination, de discours haineux, d’incitation à la violence et de déshumanisation de ‘l’autre’ », a-t-il dit.

Pour le Secrétaire général de l’ONU, la meilleure façon de rendre hommage aux victimes du « crime odieux » de génocide est de nous engager de nouveau en faveur de l’égalité et de la prévention, « non seulement dans nos discours mais aussi dans nos actes ».

ONU INFO

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