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RDCongo: les jeunes UDPS exigent la rupture avec les kabilistes

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C’est reparti. Une nouvelle fois, vendredi matin, des jeunes de l’UDPS ont manifesté leur colère devant l’impuissance de Felix Tshisekedi. En cause, cette fois: la paralysie des travaux d’urgence « des 100 jours » décidés par le Président au printemps dernier et la suspension de huit bourgmestres de Kinshasa – dont deux UDPS – par le gouverneur kabiliste de la ville-province.

Tôt vendredi, des jeunes de l’UDPS ont élevé des barricades devant le siège du parti, à Limete (Kinshasa), à l’aide de pneus brûlés, et crié leur colère. La goutte qui a fait déborder le vase est la suspension par le gouverneur kabiliste de la province de Kinshasa, Gentily Ngobila (mis en cause par des rescapés du massacre de Yumbi, fin 2018, lorsqu’il était gouverneur du Bandundu; ce massacre avait obligé à reporter l’élection), de huit bourgmestres de l’agglomération kinoise – dont deux UDPS – pour n’avoir pas obéi aux instructions du gouverneur en matière de propreté. Mercredi, les militants UDPS avaient déjà manifesté pour exiger la démission de Gentily Ngobila et la réhabilitation des deux bourgmestres UDPS.

Le programme des 100 jours « saboté »

La décision du gouverneur est intervenue alors que l’UDPS a décidé, il y a une semaine, de créer une commission permanente de suivi et accompagnement des décisions du président Félix Tshisekedi. Ces dernières semaines, la colère des Kinois a en effet enflé en raison de la paralysie de nombre de travaux lancés au printemps dernier par le président Tshisekedi au titre de son programme « des 100 jours ». Or peu d’entre eux ont abouti et les militants UDPS soupçonnent les kabilistes de les « saboter » pour ternir l’image du Président.

Les plus en vue de ces travaux sont les « sauts de mouton », ainsi que les Kinois appellent les passerelles destinées à alléger les embouteillages monstres de la capitale mais les retards aggravent encore les difficultés de circulation. Le 31 janvier, les habitants du quartier Kinsuka-Pompage, excédés, ont « inauguré » de force l’installation inachevée.

Menaces verbales

Enfin, ces manifestations surviennent alors que les joutes verbales entre dirigeants UDPS et FCC (Front commun pour le Congo, coalition kabiliste qui domine le pouvoir hors Présidence de la République) n’ont pas cessé. Dernier épisode en date: la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda (FCC), n’a pas hésité à évoquer l’hypothèse d’une destitution du chef de l’Etat pour « trahison » après que celui-ci eut évoqué celle d’une dissolution de l’Assemblée…

Les militants de la base demandaient donc vendredi matin à Félix Tshisekedi de rompre avec son partenaire FCC – ce que le Président ne semble pas prêt à faire, Joseph Kabila l’ayant fait chef de l’Etat au mépris des résultats électoraux de décembre 2018.

En juin dernier, déjà, les jeunes de l’UDPS avaient réclamé la fin de cette alliance et s’étaient battus avec de jeunes kabilistes après l’invalidation de 23 députés, dont des UDPS, au profit de kabilistes, auxquels la Ceni (commission électorale nationale indépendante, notoirement acquise à Joseph Kabila) avait déjà octroyé la part du lion des sièges à pourvoir, sans produire les bulletins de vote pour appuyer ses choix. Le même jeu était survenu en mars pour les élections sénatoriales et de gouverneurs.

Libre Afrique

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