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RDC : Voici les 10 scandales financiers de 2019, évalués à 1,359 milliard USD

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Depuis son accession à la magistrature suprême, le 24 janvier 2019, le Président de la République Félix Tshisekedi a inscrit la lutte contre la corruption, comme l’une de ses priorités. Lors de ses déplacements à l’étranger comme à l’intérieur, il ne cesse de promettre sans relâche à s’atteler à la lutte contre la corruption.

« Je combattrai, avec la dernière énergie, la corruption, le détournement des deniers publics, le tribalisme, le népotisme, la concussion, le clientélisme, l’incivisme et j’en passe. Le respect des droits humains et libertés fondamentales sera assuré », a-t-il dit le 13 mai 2019, devant les gouverneurs et vice gouverneurs, à l’occasion du 1er séminaire de mise en train de nouveaux Gouverneurs élus et leurs adjoints.

Pour y parvenir, Felix Tshisekedi promet la réforme de la justice, mettre en place des tribunaux spécialisés et la création d’une agence en charge de la lutte contre la corruption. Sur le plan des finances publiques, il a promis la numérisation des services publiques pour lutte contre le coulage des recettes.

Onze mois après, les scandales financiers sont multiples, sans une moindre poursuite contre les auteurs. Selon le décompte de DESKECO.COM, ils avoisinent à ces jours les 1,359 milliard USD. La rédaction de DESKECO.COM revient ici sur les scandales financiers les plus médiatisés, qui ont caractérisé l’année 2019, dont voici la liste :

1) Corruption des Grands électeurs : le pays a assisté au monnayage des suffrages, lors des élections sénatoriales, des gouverneurs et vice-gouverneurs. Une voix d’un électeur était accordée en échange de 25.000 USD soit 50.000 dollars américains. La même dénonciation a été fait lors de traitement des recours des législatives à la Cour Constitutionnelle. Certaines victimes avaient porté plainte devant la cour de cassation. Jusqu’à ces jours, le dossier est classé sans suite.

2) Dépassement budgétaire de la Présidence de la République : la Présidence de la République a utilisé 170, 96 millions USD contre les prévisions linéaires de 73,98 millions USD, soit un taux d'exécution de 231,08% à fin novembre 2019. Comparé aux prévisions des dépenses annuelles de 80 millions USD, il se dégage un dépassement de 90 millions USD. Selon la loi relative aux finances publiques, le dépassement budgétaire constitue une "faute de gestion" .

3) Marché de gré à gré : la passation des marchés publics a été caractérisée par le recours au gré à gré. L’attribution du marché de construction et de réhabilitation des bâtiments abritant la résidence et les bureaux du Président de la République, et les bureaux de ses collaborateurs situés à la cité de l’union africaine. Marché attribué à la société Démocratic Congo High tech construction Company SARL, en sigle « DCHTCC ». Le coût des travaux est évalué à 180 millions d’euros. Cette institution a par ailleurs attribué un marché de gré à gré de 57 millions USD HUSMAL SARL, créée 6 semaines avant l’attribution du marché. La société détient un capital social de 9 mille dollars américains.

4) Affaire 15 millions USD : Un rapport d’audit de l’Inspection Générale des Finances (IGF) effectué auprès des sociétés pétrolières (Total RDC, SEP Congo, Cobil SA, SPA COBIL SA, SOCIR, ENGEN DRC, GNPP), de Rawbank et BGFibank, de la Direction Générale des Impôts, de la Direction Générale des Douanes et accises a fait mention de détournement de 15 millions USD de bonus de l’Etat. Ce montant, qui revenait à l’Etat, a été prélevé sur une créance de 100 millions USD à rembourser, par le trésor public aux sociétés pétrolières, pour compenser le manque à gagner réclamer résultant du gel des prix des produits pétroliers par le Gouvernement. Trois personnalités ont été citées dans l’affaire, le Directeur de cabinet du Chef de l’Etat, Georges Yamba Ngoie, Conseiller chargé des questions financières et des produits stratégiques au Cabinet du Ministre de l’Economie Nationale et Célestin TWITE YAMWEMBO, Secrétaire Général à l’Economie Nationale. Le rapport a été envoyé en date du 31 juillet à la cour de cassation.

5) Affaire 650 millions USD : Lors de l’ouverture d’examen du projet de loi de finances pour l’exercice 2020, le député national élu de Moba, Christian Mwando a dénoncé le détournement d’une somme de 650 millions de dollars américains par le Gouvernement Bruno Tshibala. En se référant au rapport de la reddition des comptes 2018, il a dénoncé l’achat des fournitures, des matériels de bureau qui ont été payés à 247 millions USD, l’exécution de 44 projets à hauteur de 467 000 000 USD, sans ouverture des crédits. Face à cette situation, la cour compte a demandé des sanctions. Cependant, la loi portant reddition a été votée au Parlement, sans donner réponse aux recommandations de la Cour des comptes.

6) Affaire 200 millions d’euros : La Gécamines dit avoir obtenu un prêt de 128 millions d’euros de la société Ventora, en 2017. Pour non-paiement de la créance, le Tribunal de paix de Lubumbashi l’a condamné en novembre 2019, à payer de 200 millions d’euros au titre de dommage et intérêt. Plusieurs voix se sont levées pour qualifier l’affaire de montage visant à soutirer 250 millions USD, obtenus de KCC après signature du contrat de cession d’actif. La Gécamines dit avoir interjeté appel et ACAJ qualifie l’affaire de blanchiment de capitaux, invite la Cour de cassation à poursuivre les enquêtes.

7) Des fictifs découverts dans le fichier de la paie des agents de l’Etat : Le 14 septembre 2019, le président du Comité de suivi de la paie, Jean Louis Kayembe wa Kayembe a indiqué avoir identifié du fichier de la paie des agents de l’Etat un effectif de 5 823 comptes bancaires fictifs, dont l’impact financier est de 6,18 millions USD. 4.516 agents devraient bénéficier d’un moratoire dont la durée devrait être déterminée au cas par cas, sans toutefois dépasser 3 mois. Jusque-là, le pays est sans nouvelle, pas de sanction non plus.

8) Détournement de 55 millions USD à la SCTP (ex-ONATRA) : disparition miraculeuse des 55 millions perçus par la SCTP pour le compte de la redevance logistique et terrestre. Montant destiné à la réhabilitation des voies ferroviaires de la SCTP Sarl au courant de l’année 2018. La révélation a été faite par La Ligue congolaise contre la corruption (LICOCO) qui a tiré la sonnette d’alarme, le 11 mars 2019. Elle a recommandé les sanctions à l’endroit des personnes qui ont gérées les fonds de la RLT car des soupçons des détournements des fonds sont établis.

9) Décret de l’ex Premier Ministre Bruno Tshibala accordant les avantages élogieux aux membres du Gouvernement : Un décret du Premier Ministre, Bruno TSHIBALA, signé le 24 novembre 2018 détermine les avantages et devoirs reconnus aux anciens membres du Gouvernement. Dans son volet financier, le décret fixe l’indemnité mensuelle des anciens premiers Ministres à 30 % des émoluments du Premier Ministre en fonction, une indemnité de logement à 5 000 USD, des titres de voyage, une garde sécuritaire composée de 2 à 3 policiers, la prise en charges des soins médicaux, un passeport diplomatique, etc. Le budget global de l’ensemble des avantages prévus dans ce décret coûterait 28,8 millions de dollars américains par an soit 2,4 millions USD par mois pour le Trésor public. Plusieurs personnalités, dont les parlementaire, la société civile ont sollicité son abrogation sans y parvenir.

9) Affaire détournement de 1 millions USD : Dieudonné Lobo, coordonnateur en charge d’administration du chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, avec quelques collaborateurs du Président de la République, ont été mis aux arrêts et transférés à la prison centrale de Makala à Kinshasa. Ils ont été accusés d’avoir un contrat d’étude avec la compagnie Saint Louis BGM Sarl à la Miba au nom du chef de l’Etat, en détournant un montant de plus au moins 1 million de dollars américains. Cette arrestation a été rendue possible, suite à la lettre du 26 octobre dernier du gouvernement Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Dieudonné Lobo et ses compagnons ne sont plus en prisons, actuellement libre de leurs mouvements.

10) Affaire 6 millions USD : Le Ministre près le président de la république a annoncé l’organisation de la journée de l’alternance démocratique, le 24 janvier 2020. Le coût de festivités a été évalué à 6 millions USD. Cependant, au dernière nouvelle, ce montant serait revu à la baisse, sans plus des précisions.

Desk eco

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