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L'alcool et le tabac chez les jeunes peuvent conduire à la consommation d'opiacés à l'âge adulte (ONU)

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Il est important de mettre en œuvre des politiques nationales et des services pour protéger les enfants et les adolescents, filles et garçons, des substances psychoactives, a averti jeudi l’Organe international de contrôles des stupéfiants (OICS) dans un nouveau rapport.

« Nous sommes dans une situation où nous avons de plus en plus de problèmes avec la cocaïne, les méthamphétamines, le cannabis et le fentanyl », a alerté Bernard Leroy, membre de l’OICS.

L’OICS insiste sur le fait que les substances psychoactives ont, chez les jeunes, des effets différents et plus prononcés que chez les adultes. Les jeunes sont particulièrement vulnérables aux effets à long terme de ces substances, en raison de leur développement physiologique, social et affectif.

« Plus la consommation d’alcool, de tabac et de cannabis commence précocement entre 16 et 19 ans, plus le risque d’usage d’opiacés et de cocaïne à l’âge adulte est élevé », signale le Rapport de l’OICS, ajoutant que l’âge de la première prise est un sujet de préoccupation majeur.

En outre, les voies qui conduisent les jeunes à la consommation de substances et au développement de troubles liés à cet usage sont complexes. La personnalité, le manque de discernement, l’approbation sociale, la disponibilité de substances et l’absence de sensibilisation contribuent aux risques que présente la première prise pour les enfants et les adolescents.

Selon le rapport, indépendamment des facteurs sociaux et psychologiques ayant joué au départ, la consommation de drogues semble être motivée par le désir de ressentir les effets qui y sont associés.

Toutefois si les facteurs contextuels jouent un rôle important dans le déclenchement de l’usage, les facteurs interpersonnels, en particulier physiologiques, neurologiques et génétiques, ont une plus grande incidence sur le passage à l’abus.

L’usage des stimulants et des opioïdes est en hausse
Selon M. Leroy la cocaïne se répand dans le monde entier, notamment en Afrique de l’Ouest et en Europe. Elle est de plus en plus pure et elle est utilisée par des classes sociales nouvelles.

« Avant, [on utilisait la cocaïne] dans les milieux chics, maintenant il y a une banalisation, on en trouve même dans des villages en France et il y a une classe moyenne nouvelle africaine qui prend de la cocaïne », a expliqué M. Leroy, soulignant que la pureté de la cocaïne permet aux trafiquants de faire des coupages qui multiplient les quantités.

La méthamphétamine est l’autre stimulant qui pose un problème d’envergure signalé par l’OICS.

Cette drogue d’origine de synthèse dérivée de l’éphédrine a été utilisée pendant la deuxième guerre mondiale pour permettre aux pilotes de demeurer éveillés lors des longues missions. Aujourd’hui, l’éphédrine se répand sur tous les continents et notamment en Asie où la tendance était de prendre des drogues à effet sédatifs, tels les opioïdes.

Le fentanyl, qui est le plus puissant de tous les opioïdes, étant 50 à 100 fois plus puissant que la morphine, est également une source d’alarme importante, selon le rapport de l’OICS.

Ce médicament, qui à l’origine est destiné à l’usage dans les salles d’opérations, est désormais prescrit « massivement » par les médecins des pays anglo-saxons et en Estonie pour le mal-être et les états dépressifs suite à une campagne menée par les laboratoires.

« C’est un type de prescription inappropriée et c’est un médicament où de très faibles variations de doses peuvent être fatales », explique M. Leroy signalant que plus de 60.000 personnes sont mortes d’overdoses suite à des prises de fentanyl.

Les usages toxicomaniaques de ce stupéfiant sont surtout concentrés dans les pays anglosaxons, tel le Canada, les Etats-Unis et l’Australie, ainsi qu’en Estonie.

La légalisation mène à la banalisation du cannabis
Le cannabis est la substance la plus largement utilisée parmi les jeunes, avec 13,8 millions de jeunes, selon le rapport.

L’OICS exprime sa préoccupation face aux mesures prises par quelques pays pour autoriser l’usage de cannabis, une substance placée sous contrôle, à des fins non médicales, en contradiction avec les dispositions des traités relatifs au contrôle des drogues et les obligations qui en découlent.

Même si le cannabis a des avantages médicaux, tel pour la sclérose en plaque ou comme antiémétique lors de la prise de traitement pour le cancer, il est aujourd’hui beaucoup plus fortement dosé.

Le dosage de son principe actif, delta9-THC, passé de 0,5%, il y a 40 ans, à 25% ou 30%, et son effet se rapproche de celui du LSD, entraînant des risques d’hallucinations.

« Il y a un risque de perte du sens de l’espace et du temps et nous avons dans le monde une augmentation du nombre d’accident de gens qui ont consommé du cannabis », explique M. Leroy, ajoutant que l’usage du cannabis « peu mettre en évidence des psychoses ».

Le magistrat signale que le cannabis, contrairement à l’alcool, ne se dissout pas dans le sang mais dans les graisses du cerveau et peut mettre trois semaines pour se dissoudre.

Par ailleurs, l’OICS s’inquiète de l’effet normatif de la légalisation du cannabis et des effets du cannabis sur les jeunes sur le plan sociétal.

« Nous avons beaucoup de jeunes qui ne s’investissent plus à la fois scolairement mais aussi socialement et affectivement », a déploré M. Leroy.

Les 4 degrés d’usage de stupéfiants
Les gens qui font une expérience
Les gens qui utilisent occasionnellement (le weekend)
Les gens qui utilisent régulièrement (souvent)
Les gens dont la vie est dominée par la drogue
Selon l’OICS, la plupart des jeunes appartiennent au premier groupe et ce qui importe est d’empêcher que les gens ne passent au groupe suivant.

Comment faire pour que les jeunes ne passent pas au stade suivant ?
L’OICS appelle notamment à impliquer les jeunes dans des activités qui les valorisent.

« Il faut que les jeunes puissent s’investir dans des domaines où ils trouvent des satisfactions. Il faut qu’ils aient un rapport sain avec leur corps, notamment par le sport et l’activité physique, qu’ils s’investissent intellectuellement et qu’ils ne tombent pas sous l’emprise de gens qui ont besoin que tout le monde dans le groupe fasse comme eux », affirme Bernard Leroy.

« Ce ne pas facile mais c’est possible », conclut le magistrat et membre de l’OICS.

ONU INFO

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