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RDCongo: plainte contre Kabila: son accusateur jugé à huis clos

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Par Marie-France Cros.

C’est à huis clos que Pascal Mukuna a comparu vendredi devant son juge à la prison de Makala. Après avoir déposé à la Cour constitutionnelle, le 7 mai dernier, une plainte contre l’ex-président Joseph Kabila pour dix cas de meurtre et massacre, M. Mukuna avait été visé par une plainte pour viol et incarcéré le 14 mai. On n’a pas de nouvelles des suites judiciaires de la plainte contre l’ancien chef de l’Etat.

Pascal Mukuna est évêque d’une église du réveil, l’Assemblée chrétienne de Kinshasa, et président d’une plateforme de la société civile, Eveil patriotique, au nom de laquelle il a déposé plainte contre l’ex-président Joseph Kabila pour son implication présumée dans dix cas de meurtre et massacre. On annonçait ce dépôt de plainte depuis quelques jours, déjà, lorsqu’avait été lancée sur les réseaux sociaux une vidéo montrant l’évêque, dont le visage était reconnaissable, en pleins ébats sexuels avec une femme dont le visage n’apparaît pas, dans un véhicule. Malgré l’humiliation, l’évêque évangélique avait déposé sa plainte.

« Viol » et documents successoraux

On apprenait ensuite qu’une femme nommée Mamie Tshibola, qui serait la partenaire de Pascal Mukuna dans la vidéo, avait déposé plainte contre lui pour viol sous la menace d’un pistolet, menace de mort et rétention illicite de documents. Cette femme se présente comme la veuve d’un collaborateur de l’évêque évangélique, qui aurait été contrainte à des relations sexuelles avec ce dernier pour récupérer les documents de propriété d’une parcelle dont elle espère hériter.

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Convoqué par le juge Samy Bunduki du Tribunal de grande instance à La Gombe (Kinshasa) le 13 mai, Pascal Mukuna avait été incarcéré le 14 mai. Le même jour, il avait demandé la récusation du juge pour partialité, ce dernier n’ayant instruit qu’à charge; depuis lors, l’affaire a été transférée à un juge de Malamu (Kinshasa).

Selon le détenu, le 20 mai, vers deux heures du matin, des hommes ont tenté en vain de forcer la porte de sa cellule; il se dit en danger mais reste détenu.

Pas une preuve en droit congolais

Selon ses avocats, le dossier est « vide » et « commandé par le camp Kabila ». La défense conteste qu’il y ait eut viol et souligne que les vidéos – celle des relations sexuelles ayant apparemment été présentée comme preuve – ne sont pas une preuve en droit congolais. Quant à la rétention illicite de documents, les avocats indiquent qu’il s’agit de pièces de succession qui n’appartiennent ni à l’évêque évangélique, ni à la plaignante.

L’organisation de défense des droits de l’homme Voix des Sans Voix a dénoncé « l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques ».

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