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Face au coronavirus et aux conflits, le rôle des femmes est essentiel (ONU)

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La pandémie de Covid-19 rappelle le rôle important que jouent et doivent continuer de jouer les femmes pour construire une paix et une sécurité durables, ont souligné jeudi deux hauts responsables de l’ONU, lors d'une réunion coorganisée avec le Canada et l'Afrique du Sud.

La crise mondiale du coronavirus ne doit pas reléguer au second plan les objectifs de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les « Femmes, la paix et la sécurité » qui fête cette année ses 20 ans d’existence.

Création de postes de conseillers pour l’égalité des sexes, établissement de liens et partenariats avec des groupes de femmes de la société civile, communication renforcée. Depuis l’adoption de la « 1325 », les missions de l’ONU se sont dotées d’outils pour renforcer le rôle des femmes dans la paix et la sécurité, a expliqué Jean-Pierre Lacroix, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de paix.

« Nous sommes équipés pour aider les femmes et les communautés dans leur lutte contre la Covid-19. Cela fait une différence et nous pouvons utiliser ces outils pour sensibiliser aux (dangers) de la Covid-19 et avec des mesures préventives complétées par des actions concrètes en faveur des communautés », a-t-il dit.

M. Lacroix a cité l’exemple récent du Mali, où la Mission de l’ONU (MINUSMA) a appuyé la participation des femmes aux élections législatives de mai 2020 en tant qu’électrices et candidates. A l’issue de ces élections, le nombre de femmes parlementaires maliennes a triplé.

Fin mars, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a lancé un appel à un cessez-le-feu mondial pour mieux lutter contre la pandémie de Covid-19. Un appel qui venait appuyer une autre initiative de l’Union africaine (UA) visant à « faire taire les armes » en Afrique.

« Les femmes ont saisi ces deux opportunités et ont exigé des cessez-le-feu, à haut risque pour elles-mêmes en République centrafricaine (RCA) et en République démocratique du Congo (RDC) », a, pour sa part, expliqué Phumzile Mlambo-Ngcuka, la Directrice exécutive d’ONU Femmes. « Cela a dynamisé les femmes de la base (de la société) qui travaillent quotidiennement pour la paix dans les communautés et qui font la médiation. Ce sont des héros méconnues, mais leur contribution est vraiment inspirante », a-t-elle dit.

Sensibiliser les femmes aux dangers du coronavirus : le rôle crucial de la communication
Dans cette crise du coronavirus, de nombreuses femmes sont victimes des fausses nouvelles qui sont largement répandues. « Et en raison du faible niveau d'alphabétisation, l'accès à des informations fiables pour la plupart des femmes est complexe », a déploré Mme Mlambo-Ngcuka.

A cet égard, M. Lacroix a souligné que l’information joue un rôle crucial dans le travail de sensibilisation des femmes aux dangers de la Covid-19 qu’effectuent les missions de paix de l’ONU. IL a rappelé que ces dernières utilisent tout l’arsenal de communication à leur disposition (radios, médias sociaux, interactions traditionnelles avec les communautés) pour pourfendre les fausses nouvelles.

En République démocratique du Congo (RDC), la Mission de l’ONU (MONUSCO) a ainsi lancé un programme radio dédié aux femmes et qui répond à toutes leurs questions. En République centrafricaine (RCA), l’opération onusienne (MINUSCA) a également accrue sa communication à destination des femmes face aux risques du coronavirus mais aussi en vue d’accroître leur participation aux élections qui doivent être organisées à la fin de l’année. « Nous espérons voir plus de femmes participer aux élections et notre engagement avec elles est important afin de pouvoir les atteindre », a dit le chef des opérations de paix de l’ONU.

Depuis l’adoption de la résolution « Femmes, paix et sécurité », les Nations Unies s’efforcent d’accroitre le nombre de femmes dans le maintien de la paix. « Nous travaillons activement pour augmenter le nombre de femmes dans les postes supérieurs (civils et en uniforme). A l’heure actuelle, environ un tiers des Commandants de force des opérations onusiennes et leurs adjoints sont des femmes », a expliqué M. Lacroix, soulignant que l’ONU continuer d’œuvrer à changer les mentalités et les perceptions vis à vis des femmes Casques bleus et à mettre en place des mesures pratiques visant à prendre en compte leurs contraintes familiales lorsqu’elles sont déployées en mission.

La cheffe d’ONU Femmes s’est félicitée de la coopération entre les agences onusiennes dans la mise en œuvre de la résolution 1325 dans plusieurs pays, citant notamment les exemples d’appropriation locale du document au Darfour et en Haïti. « Et les femmes, elles-mêmes, ont fait en sorte que nous soyons coordonnés (dans nos actions) », a dit Mme Mlambo-Ngcuka.

« Ce n’est pas le moment de se désengager »
Vingt ans après l’adoption de la résolution « Femmes, paix et sécurité », cette dernière rencontre toujours des obstacles renforcés par la pandémie de Covid-19.

« L’un des plus gros problèmes, c’est généralement la volonté politique qui fait défaut aux États membres ainsi qu’aux belligérants et aux acteurs non étatiques », a déploré Mme Mlambo-Ngcuka. Et à l’heure du coronavirus, les femmes souffrent de façon disproportionnée de la pandémie et des violences sexuelles et sexistes qu’elle accentue. « Les risques sont élevés, car les femmes essaient de rester à l'abri de l'infection et de la violence physique. Elles subissent la violence dans les espaces extérieurs et la violence domestique à la maison », a-t-elle dit.

La cheffe d’ONU Femmes, a toutefois cité l’exemple du Libéria où les femmes, fortes de leur expérience face à l’épidémie d’Ebola, sont plus conscientes des dangers et des contraintes que présente un virus.

Mme Mlambo-Ngcuka, estime que « ce n’est pas le moment de se désengager » des objectifs de la résolution 1325. Un avis que partage le chef des opérations de paix de l’ONU. « Si nous avons plus de femmes dans le maintien de la paix, nous avons un maintien de la paix plus efficace. Si nous avons plus de femmes impliquées dans les processus politiques et de paix, nous avons une paix plus durable », a expliqué M. Lacroix. « C'est pourquoi nous nous sommes battus pour protéger les postes de Conseillers pour l’égalité entre les sexes ».

Pour le Secrétaire général adjoint, la crise de la Covid-19 présente une opportunité d’accroître la participation des femmes à la résolution des conflits. « C'est un défi mondial qui va au-delà de la question de santé publique : c’est une question politique, économique, de sensibilisation des communautés », a-t-il dit, appelant à l’« utiliser comme un tremplin pour (faire avancer) les progrès de l'engagement politique des femmes ».

Onu Info

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