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Sauver le Bassin du Congo ou le transfert aveugle de l’eau de l’Ubangi vers le lac Tchad : un choix à faire

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Il n’est un secret pour personne que la survie dans la durée du Lac Tchad dépend de la bonne gestion du Bassin du Congo car, le Chari qui est le plus grand pourvoyeur en eau du lac Tchad (90%), tire son origine de hautes montagnes de la République centrafricaine, pays membre du Bassin du Congo. Les précipitations qui approvisionnent en eau le lac Tchad ont pour la plupart leur origine, le Bassin du Congo.

Une gestion hasardeuse du Bassin du Congo hypothéquera la vie en Afrique toute entière, il s’agit d’un Bassin qui soutient à la fois trois grands écosystèmes aquatiques importants : le fleuve Congo, le fleuve Nil et le lac Tchad. Une analyse minutieuse de la carte de l’Afrique démontre que la plus grande zone verte capable de maintenir la vie au Nord, au Sud et à l’Ouest du continent africain reste le Bassin du Congo. Sa préservation est d’une importance capitale.

Le discours selon lequel, nous irons prendre de l’eau à l’Ubangi même sans l’avis favorable de la RDC, relève de l’irresponsabilité politique et l’absence d’une attitude de réflexion dans le Chef de ceux qui se permettent de tenir de tels propos. L’eau est devenue dans le contexte actuel du changement climatique, une ressource fragile, et son accès ne doit pas faire l’objet de pressions militaires, moins encore diplomatiques. Une réflexion sérieuse et objective doit être menée à la fois pour sauver le lac Tchad et préserver le Bassin du Congo. Les solutions alternatives pour sauver le lac Tchad existent, mais les multinationales (Bonifica, China power, etc.) qui sont derrière le projet Transaqua, ne jurent que par des milliards qui seront mobilisés pour la construction des infrastructures liées à ce projet. Les conséquences environnementales et socio-économiques qui découleront de ce projet, ne font pas partie de préoccupations de ces fameux investisseurs.

Les Africains ne doivent pas oublier qu’en dehors du lac Tchad qu’il faut sauver, il y a une catastrophe écologique en préparation qui va arriver dans le bref délai, le tarissement du plus long fleuve d’Afrique, le Nil, à cause des pratiques humaines : le Barrage de la renaissance sur le Nil bleu en Ethiopie, l’irrigation, etc. Au stade actuel, tout le monde reste calme et attend que le pire arrive pour chercher cette fois à corriger les erreurs humaines tout en créant une tragédie.

Il est scientifiquement prouvé qu’il n’y aura plus de lac Tchad, de fleuve Nil, etc., le jour où le Bassin du Congo entrera en ébullition à la suite des comportements émotionnels comme le transfert de l’eau de l’Ubangi vers le lac Tchad, le Barrage de la renaissance sur le Nil bleu, la déforestation massive, etc.

Les dirigeants africains doivent mettre en place des politiques nationales et régionales d’anticipation pour éviter des surprises et surtout éviter de se faire manipuler par de faux investisseurs qui ne voient que l’argent pour assoupir leurs intérêts mesquins et occultes.

La préservation du Bassin du Congo ne devrait pas être l’affaire de la RDC seule, mais doit être le fruit conjugué des efforts de tous Etats africains car notre avenir en dépend. Ceux qui parlent de la guerre de l’eau, nous leur opposons la notion de gestion concertée et durable des ressources hydriques. Faire la guerre pour avoir accès à l’eau constitue une attitude dépassée et antique car l’eau est une ressource fragile, en cas de tarissement, l’expédition militaire effectuée serait nulle et de nul effet.

La Rédaction, le 02 mai 2018

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