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RDC : Pour Kabila, plus de discussion, ce sera Ronsard Malonda

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En République démocratique du Congo, les mariages, les deuils et les anniversaires sont l’occasion de manifestations d’amitié et de fidélité. Des moments importants. De ceux où l’on se compte. L’anniversaire de l’ex-Première Dame du pays, Olive Lembe Kabila, qui soufflait ses 45 bougies le 29 juillet, n’a pas dérogé à la règle.

Obtenir un carton d’invitation de l’ex-famille présidentielle constituait pour chaque invité la confirmation d’être demeuré ou d’avoir intégré le sein du sein. De faire partie du cercle restreint de ceux qui comptent pour le patron du FCC. Parmi ces invités, on retrouvait notamment Jeanine Mabunda, Nehemie Mwilanya, Evariste Boshab ou encore Emmanuel Shadary. Les fidèles parmi les fidèles même si certains ont accepté de nous parler des échanges qui ont eu lieu lors de cette soirée donnée à Kinshasa où Joseph Kabila était érrivé de sa ferme de Kingakati peu de temps avant l’heure prévue pour le dîner.

Anniversaire ou pas, Kabila et « les hommes du président » ont échangé sur les stratégies à adopter face aux appétits de pouvoir de plus en plus manifeste de l’UDPS et du Président Félix Tshisekedi, désormais surnommé le « président protocolaire » par les cadres du FCC.

Pas touche à Malonda

Il ressort des conversations de salon que forts de l’entérinement de Ronsard Malonda, arraché par la présidente de l’Assemblée nationale Jeanine Mabunda, le FCC n’a pas l’intention de revenir sur la désignation du futur président de la CENI. N’en déplaise au cardinal Ambongo ou au Président des Protestants, Mgr. Bokundoa, qui ont rejeté la désignation par les autres confessions religieuses de Ronsard Malonda, le FCC n’est pas prêt à reculer sur le dossier. Le Secrétaire Exécutif de la CENI ayant été choisi par six autres confessions religieuses pour succéder à Corneille Nangaa à la présidence de la CENI, le FCC entend s’en tenir à la lettre de désignation que ces confessions ont envoyée à l’Assemblée nationale. Peu leur importe les états d’âme des chefs de Catholiques et de Protestants qui rassemblent près de 80% de la population congolaise.

Une lettre non signée du Président Tshisekedi a circulé sur les réseaux sociaux pour affirmer que le Chef de l’État ne pouvait entériner la désignation de Ronsard Malonda. Un courrier « à jeter à la poubelle » pour l’ancien président de la République, tandis que la présidente de l’Assemblée nationale prenait le temps d’expliquer que « Monsieur Tshisekedi ferait bien de lire la Constitution », que « son courrier est nul et sans valeur légale ». Le coordonnateur du FCC, ex-dircab de Joseph Kabila. a confirmé les propos de Jeanine Mabunda en paraphrasant l’abbé Nshole qui avait annoncé que le « dossier de Ronsard Malonda appartenait au passé ». Or quand l’Abbé Nshole, Secrétaire de la CENCO, avait lancé cette déclaration, il s’agissait d’affirmer que cette candidature était enterrée et que tout devait être refait. Le désaveu du délégué des Kimbanguistes qui avait participé à ce vote controversé de Malonda par le Chef de l’Église Kimbanguiste confirmait la position des Catholiques et des Protestants. Exit Malonda. La Lecture de Néhémie est évidemement tout autre, dans son interprétation, il s’agit évidemment d’enterrer le débat et de passer à autre chose, la désignation de Malonda ne faisant plus de doute.

Ratisser large

Evidemment, comme souvent, pour faire passer la pilule, il faut proposer des parachutes dorés ou du moins des postes à ceux qui se montrent récalcitrants. Lors de ce dîner, les caciques du FCC ont ainsi évoqué les contacts engagés avec les autres partis politiques et associations afin qu’ils désignent leurs représentants au sein des structures de la CENI. Pas question pour le FCC de conditionner la mise en place des responsables de la CENI à l’adoption de réformes même si celles-ci devaient rendre du crédit à cette institution.

Selon nos interlocuteurs, certains partis auraient cédé aux propositions du FCC. Mais « Lamuka résiste encore », selon les propos d’un de nos interlocuteurs qui explique que les dirigeants de cette plateforme sont « coriaces » et « sur la même longueur d’onde que l’UDPS« . Pour ces deux « familles » politiques, pas question de céder. Malonda ne peut succéder à Nangaa à la tête de la CENI.

Qu’importe pour le coordonnateur du FCC. « Qu’ils le veuillent ou non, Malonda sera le président de la CENI » a ainsi affirmé Nehemie Mwilanya qui s’est entendu avec Jeanine Mabunda pour que ce dossier ne revienne plus sur la table des députés. La session parlementaire de septembre doit exclusivement être consacrée à l’adoption du budget 2021. Pas question pour le FCC de revenir sur le dossier de Ronsard Malonda.

Quant à l’initiative de 13 personnalités issues de l’opposition, de la majorité et de la société civile conduite par le trio Sessanga, Lubaya, Muyaya pour obtenir un consensus sur le dossier de la CENI, lors des apartés qui se sont tenus lors de l’anniversaire d’Olive Lembe, les proches de Kabila ont rejeté l’initiative de ce groupe. « Ce sont des traîtres, vous ne devez pas les recevoir » a déclaré Joseph Kabila qui considère que ceux qui, parmi ce groupe, se revendiquent de sa famille politique n’avaient pas été autorisés à rencontrer son successeur et moins encore à déforcer la position de leur famille politique. « Nous sommes majoritaires au sein du Parlement. Prouvez-le ! » a déclaré Joseph Kabila sous forme de défi adressé aux députés présents à la rencontre. « Leurs réformes, on verra celles qui nous conviennent et celles-là vous les adopterez après la désignation de Malonda » a déclaré l’ex-Président qui mettait fin à la discussion sur le sujet.

Même si le dossier ne devait pas être représenté devant l’Assemblée nationale en septembre prochain, il y a fort à parier que ce dossier n’est pas « enterré » et que les Congolais n’ont pas oublié à quel point ils ont été dupés lors du scrutin de décembre 2018 par une CENI dirigée par le patron de Ronsard Malonda. Personne n’a oublié la mobilisation populaire de janvier 2015, quand le PPRD avait voulu réviser la Constitution pour permettre au président Kabila de briguer plus de deux mandats successifs.

Libre Afrique

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