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RDC: raisons cachées de la “guerre psychologique et hybride” de Mike Hammer, contre le clan Kabila

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UN FELIX TSHISEKEDI DE PLUS EN PLUS “TRUMPISTE “ ET L’AMBASSADEUR AMÉRICAIN EN POSTE À KINSHASA DE PLUS EN PLUS DÉRANGEANT POUR LE FCC ?

Le nouveau président de la RDC cherche à tout prix à se libérer de la tutelle de son prédécesseur l’ex président Joseph Kabila. Le « Alea jacta est » de Felix Tshisekedi qui a franchi le rubicon du Palais du Peuple en montrant le signe de victoire hérité de son défunt père Etienne Tshisekedi, n’était pas un fait de hasard. “Fatshi” comme ses partisans l’appellent, s’est affranchi ou est en phase d’être libéré de la prison de “la coalition au pouvoir” dominée par les Kabilistes.



Mais le président Congolais n’est pas du tout seul. Un homme est derrière et surtout omniprésent, son coach : «Mike ou Michael Hammer», l’ambassadeur Américain en poste à Kinshasa. Ce diplomate est trop présent dans l’actualité politique du congo que d’aucuns n’hésitent pas à qualifier “d ‘ingérence du pays de l’oncle Sam dans les affaires intérieures du Congo”.

Le clan Kabila regroupée au sein du FCC en appelle à la communauté congolaise et à l’Union Européenne. L’ambassadeur Américain se dresse en mentor de Felix Tshisekedi comme à l’époque de Mobutu pendant la guerre froide contre les Lumumbistes “communistes”.

Rien de nouveau sous le soleil, Hammer Michael a une “mission“ au Congo : endiguer la menace chinoise en garantissant l’approvisionnement de l’Amérique en matières premières critiques et stratégiques.

La rhétorique anti – Pékin du président Américain Donald Trump avant comme pendant la campagne électorale américaine n’est plus un secret de polichinelle. Trump est “anti-chinois” et ne veut pas d’un Congo “made in China“.



L’état d’urgence Nationale déclarée par Trump et le décret présidentiel du 30 septembre 2020 pour encourager le développement des mines stratégiques américaines et de bouter la chine dehors en Amérique, Afrique et en Asie, concerne un pays en particulier : la RDC.

“Par l’autorité qui m’est conférée en tant que président par la Constitution et les lois des États-Unis d’Amérique, y compris l’International Emergency Economic Powers Act (50 USC 1701 et suiv.) (IEEPA), le National Emergencies Act (50 USC 1601 et suiv. .) (NEA), et l’article 301 du titre 3, United States Code.

MOI, DONALD J. TRUMP, Président des États-Unis d’Amérique, je trouve qu’une Amérique forte ne peut pas dépendre des importations en provenance d’adversaires étrangers pour les minerais critiques qui sont de plus en plus nécessaires pour maintenir notre force économique et militaire au XXIe siècle. En raison de l’importance nationale d’un accès fiable aux minerais critiques, j’ai signé le décret 13817 du 20 décembre 2017 (Une stratégie fédérale pour assurer un approvisionnement sûr et fiable en minerais critiques), qui exigeait que le secrétaire de l’Intérieur identifie les minerais critiques et c’est la politique du gouvernement fédéral «de réduire la vulnérabilité de la nation aux perturbations dans l’approvisionnement en minerais critiques». Conformément à mon ordre, le Secrétaire de l’intérieur a procédé, avec l’aide d’autres départements et agences (agences) exécutifs, à un examen qui a identifié 35 minéraux qui (1) sont «essentiels à la sécurité économique et nationale des États-Unis» (2 ) ont des chaînes d’approvisionnement qui sont «vulnérables aux perturbations» et (3) remplissent «une fonction essentielle dans la fabrication d’un produit, dont l’absence aurait des conséquences importantes pour notre économie ou notre sécurité nationale”
La RDC concentre sur son sous – sol tous les minerais “critiques” et “ stratégiques”. 60% du cobalt mondial utile à l’industrie des batteries se concentre au Congo. En plus d’une grande quantité du Lithium, la RDC est l’un de plus grand producteurs du cuivre, zinc, uranium et Manganèse donc les mines sont occupées par les chinois.

La chine contrôle donc près de 80 % de minerais critiques au niveau mondial est donc “en train de gagner la guerre des batteries” grâce à la RDC. La Chine domine également les processus de fabrication de pièces de batterie, y compris la capacité des cathodes, des anodes, des solutions électrolytiques et des séparateurs, selon les données du BNEF.

En outre, l’ex -président Kabila pendant son règne a octroyé des gros contrats à des entreprises et banques chinoises via les accords de coopération sino-congolaise.

La hausse des prix du cobalt et du nickel élève l’indice des métaux des batteries à son plus haut niveau Cette année. Un bond de 31% du prix moyen du cobalt à un peu moins de 40000 dollars en août selon Benchmark Mineral Intelligence a porté le sous-indice à 59 millions de dollars.




Les prix du cobalt ont été soutenus cette année en raison de l’offre restreinte résultant des retards d’exportation du cobalt de la RDC expédié via l’Afrique du Sud et des attentes selon lesquelles Glencore conservera sa mine de Mutanda – responsable de 20% de la production mondiale – en soins et entretien pendant au moins encore quelques années.

Le Bureau chinois des réserves d’État (SRB) a procédé pour sa part à des achats importants de cobalt Congolais pour les stocker dans les réserves stratégiques du pays, ce qui fait encore monter le prix.

Le groupe américain Freeport-McMoran, jusque-là actionnaire majoritaire dans la société minière Tenke Fungurume Mining (TFM) a annoncé…avoir vendu ses parts dans l’entreprise minière à firme chinoise China Molybdenum pour 2,65 milliards de dollars américains. L’acquisition de la concession minière de Tenke Fungurume par les chinois est la première de top 10 acquisitions minières en termes d’investissement au niveau mondial durant les cinq dernières années selon le Mining intelligence.

Les intérêts rapprochent l’administration Trump et Felix Tshisekedi?
Le nouveau président congolais qui se bat comme un diable dans un bénitier pour se libérer de l’emprise de Kabila s’est lentement mais sûrement aligné sur la doctrine Trump.

Cherchant protection et alors que le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, s’active pour rallier les soutiens arabes et africains à son plan de paix pour Israël, le président congolais Félix Tshisekedi est le seul chef d’Etat africain à s’être publiquement déclaré favorable à l’initiative Israélo-Palestinienne.

Le 1er mars, Felix Tshisekedi a annoncé l’ouverture d’une ambassade congolaise a Tel-Aviv et une section économique à Jérusalem, sans oublié une tentative de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat Hébreux.



Cette initiative risquée, est aujourd’hui suivi par le président du Guinée Alpha Condé, le soudanais Hamdok, le togolais Faure Eyadema et le sénégalais Macky Sall qui multiplient les initiatives pro israéliennes.

Au Burundi, outre les liens religieux, les considérations stratégiques sur l’approvisionnement américain en terres rares ont également joué dans le rapprochement entre Washington et Bujumbura alors que la majorité des réserves de terre rares est opérée par des groupes chinois. Le sénateur républicain James Inhofe, figure de la droite religieuse et président de l’Armed Services Committee du Sénat, a rencontré les dirigeants burundais à plusieurs reprises.

En RDC, l’administration Trump et les évangélistes conservateurs trouvent en Felix Tshisekedi l’homme susceptible de contenir la poussée chinoise au Congo et de permettre à Washington de “voir clair sur les contrats signés entre Kabila, Dan Gertler et les compagnies chinoises.

“Les exigences du Fonds Monétaire International pour un octroi de l’aide au gouvernement Congolais ont simplement rejoint la doctrine Trump. Lors de leur entretien du 8 septembre avec le ministre congolais des finances José Sele Yalaghuli, les représentants du FMI Mauricio Villafuerte et Philippe Egoumé Bossogo lui ont précisé que le Congo devait publier les contrats miniers, récents comme anciens, tout particulièrement ceux des compagnies publiques MIBA (diamants au Kasaï) et Sokimo (or dans le Nord-Est), pour espérer une reprise des prêts.

Felix Tshisekedi, la carte de Washington contre Pekin : déboulonner les chinois, c’est déboulonner FCC ?

La famille Kabila exerce une grande influence sur les mines de l’ex – Katanga y compris les mines de Lithium de Manono dans la province de Tanganyika dont Zoé Kabila est le gouverneur tout -puissant.

Washington s’active donc à coacher Felix Tshisekedi par le biais de l’ambassadeur Américain Hammer et tous les réseaux israélo – Américains actives à Kinshasa pour contenir la menace chinoise représentée par le clan Kabila.

Par ailleurs, Washington équipe et forme les militaires Congolais notamment ceux affectés à la protection du président Congolais.

Les sociétés américaines de services à la défense Obera, Relyant Global, Flatter et Precision Talent Solutions sont en lice dans le cadre d’un appel d’offres du Département d’Etat visant à former et à équiper le corps du génie des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Le déploiement de prestataires de défense américains à l’appui d’ingénieurs militaires congolais va renforcer la coopération sécuritaire entre Washington et Kinshasa, au moment où le contingent du génie chinois déployé au sein de la Monusco quitte le pays.

Le communiqué de l’ambassade américaine à Kinshasa du 22 octobre annonçant que “Le gouvernement des États-Unis annonce l’octroi de 6 millions de dollars de plus pour le financement de programmes de destruction d’armes conventionnelles et de gestion des stocks d’armes en République démocratique du Congo (RDC). À ce stade, les États-Unis ont contribué plus de 36 millions de dollars depuis 2002 à l’amélioration de la sécurité et de la responsabilisation en matière d’armes, à la destruction des excédents de munitions et des munitions obsolètes et au retrait de mines terrestres et de munitions non explosées en RDC”.

Dans le passé déjà, la réaction de l’ambassadeur américain en RDC, Mike Hammer, à l’arrestation le 20 février du patron du renseignement militaire, Delphin Kahimbi, a suscité l’ire de plusieurs cadres du mouvement de Joseph Kabila, le Front commun pour le Congo (FCC). Dans un tweet publié dans la soirée du 27 février, une semaine après l’arrestation de l’ancien homme fort de l’armée congolaise, le diplomate américain avait écrit : « Ceux qui sont corrompus, commettent des violations des droits de l’homme ou perturbent le processus démocratique devraient rendre des comptes ». Le lendemain, Delphin Kahimbi décédait subitement. Très proche du clan Kabila, Kahimbi était sous sanctions américaines depuis 2016 aux côtés de John Numbi, Roger Kibelisa ou encore de l’ancien patron de l’Agence nationale de renseignement (APR) Kalev Mutond.

Plusieurs proches de l’ancien président congolais n’ont ainsi pas hésité à dénoncer « l’ingérence » du diplomate américain, tandis que nombre d’entre eux voient la main de Washington derrière la mise au ban de plusieurs caciques liés à l’ancien président congolais, ces derniers jours.


Orion Congo Intelligence

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