EADEV : L’environnement, l’agriculture et la politique pour le développement durable

Afrique : la fin tragique des dictateurs, une leçon d’histoire

Article

Pas de développement là où règne la dictature

Selon le dictionnaire français, une dictature est un régime politique dans lequel une personne ou un groupe de personnes exercent tous les pouvoirs de façon absolue, sans qu'aucune loi ou institution ne les limite. Aussi, un régime autoritaire peut avoir des lois, des institutions, voire un parlement avec des députés élus, mais pas librement et ne représentant donc pas des contre-pouvoirs. Dans une dictature, seule la coercition (assurée par les forces armées et/ou de l'ordre) relaie le pouvoir, de sorte que les lois ne sont pas éthiquement légitimes et les institutions sont factices.

Dans ces genres de régimes, le bien-être collectif n’est pas une priorité car seuls les intérêts des courtisans et propagandistes comptent.

Sans remonter trop loin dans le passé, l’Antiquité et le Moyen-Age ayant eu leur lot de despotes plus ou moins sanglants, on constate qu’en survolant rapidement l’histoire récente, que nombreux sont les hommes dirigeants qui n’ont rien compris de la fin tragiques des dictateurs. Une constante historique qui peut paraître rassurante, dans la logique de «qui a vécu par l’épée périra par l’épée». Comme dans tout scénario hollywoodien qui se respecte, le méchant finit par mordre la poussière, le peuple brimé sort vainqueur de l’affrontement et peut enfin œuvrer à faire chanter les lendemains.

Depuis la chute du communisme, le monde a vu sombrer plus d’un autocrate englouti par l’ire de ses sujets. Le plus célèbre reste peut-être le Roumain Nicolae Ceausescu. Son visage défait, alors qu’il tentait de galvaniser la foule dans un discours et qu’il avait dû s’interrompre sous les huées, est encore dans toutes les mémoires. Le dictateur roumain eut le triste privilège d’être le premier dirigeant à tomber presque en direct sous les caméras. Abandonné, trahi et traqué par le cercle de ses proches, il fut arrêté alors qu’il tentait de fuir, la suite est connue.

De nombreux cas en Afrique, le continent n’a pas été épargné. Ainsi, en 1990, Samuel Doe, président autoritaire du Liberia, qui se maintint au pouvoir par la violence pendant près de dix ans, fut renversé par Charles Taylor. La chute de Doe fut aussi sanglante que spectaculaire. Son supplice, filmé par ses tortionnaires, fut diffusé ensuite dans toute l’Afrique. Quant à son vainqueur, il est aujourd’hui jugé pour crimes contre l’humanité à la CPI.

De tout temps, la chute d’un chef autoritaire impitoyable a eu valeur de conte moral, même si la moralité n’a rien à voir dans une telle affaire. Dans la vaste tragicomédie qu’est l’histoire de l’humanité, il peut paraître juste qu’un homme qui a gouverné par le fer et par le feu quitte le pouvoir sous les coups de son peuple enfin libéré.

Il arrive aussi parfois que le dictateur en poste commette l’erreur de se lancer dans une guerre qui finit par lui coûter le pouvoir. On a pu croire que Saddam Hussein avait commis cette erreur en envahissant le Koweït en 1990, et Kadhafi lui-même avait déjà joué avec le feu en intervenant au Tchad dans les années 80. Mais dans les deux cas, les forces adverses avaient préféré ne pas aller jusqu’au bout, pour des raisons tant logistiques que pratiques: mieux valait probablement un mal connu qu’un mal inconnu. Les deux dictateurs restèrent peut-être en place parce que leurs ennemis les préféraient encore à leurs éventuels remplacements du moment. Aujourd’hui, l’un et l’autre ont quitté le pouvoir, chacun dans des circonstances peu reluisantes.

Parmi les dictateurs qui virent leur monde s’écrouler sur eux pour avoir voulu semer la terreur chez leurs voisins, Adolf Hitler est évidemment le plus connu. Il mourut dans les conditions que l’on sait, se suicidant dans son bunker tandis que sa capitale en flammes était conquise de haute lutte par les armées ennemies. Une conclusion hautement symbolique, digne du crépuscule des dieux dont rêvait le régime nazi.

La dictature ne peut pas amener un pays vers le progrès et le développement véritable, et ne peut demeurer indéfiniment, elle finit par s’écrouler à la suite de la détermination du peuple.

Georges Kalu, SlateAfrique-EADEV

Vous pouvez télécharger le programme ici :

Afrique : la fin tragique des dictateurs, une leçon d’histoire

Commenter

Chers lecteurs, les commentaires déposés n'engagent nullement eadev-agro-congo.com. Néanmoins, pour conserver un espace instructif et informatif, eadev-agro-congo.com se réserve le droit de supprimer tout commentaire indésirable ou contraire aux valeurs morales

Commentaires

Yves nkangu
ils sont tous les mêmes ces dirigeant d'afrique. altruistes dans nos oreilles, egoïstes et égocentriques dans les faits, affameurs de leurs electeurs,détracteurs de leurs bienfaiteurs, démocrates et sensibles dans leurs boucles, dictateurs et cyniques dans leur vie. ohh grand pitié au peuple africain. || 19/05/18 - 06:05:11
CABD