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RDC : la nécessité de valoriser les plantes locales pour lutter contre l’insécurité alimentaire

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Une alimentation saine et de bonne qualité est essentielle à la santé humaine. Pourtant, la sécurité alimentaire demeure encore un défi majeur en Afrique en général et en RDC en particulier. En dépit de ces potentiels agricoles considérables : 80 millions d’hectares correspondant 1ha de terre arable par congolais, dont seulement 10% sont exploités, des conditions climatiques et écologiques très favorables aux différentes spéculations agricoles, un marché régional important (la RDC et les pays voisins représentent un marché de plus de 200 millions de consommateurs) en forte croissance démographique, etc., la RDC reste parmi les pays le moins compétitif sur le plan agricole et est classée 7ème parmi les 25 pays les plus pauvres du monde (dernier classement Banque Mondiale). La pauvreté touche plus les zones rurales (environ les 3/4) que les zones urbaines (moins de 2/3).

En ce qui concerne la malnutrition, elle touche près de 36% de la population, alors que l’insuffisance pondérale des enfants de moins de cinq ans tourne autour de 23,4%. Environ 6,4 millions de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire aiguë et souffrent d’un manque d'accès aux moyens de subsistance nécessitant une aide alimentaire continue, sans oublier les 770 mille enfants en sécurité alimentaire au Kasaï. En outre, les importations alimentaires sont évaluées à près de 1,5 milliards de dollars US soit 30% du budget actuel, alors que les exportations de produits agricoles ne représentent que 69 millions de dollars US, quel paradoxe ?

Il est important de noter que la diminution de la durée de la saison pluvieuse, l’évolution régressive des totaux pluviométriques et l’incursion persistante des épisodes secs en pleine saison des pluies, bref les effets néfastes extrêmes entrainés par le changement climatique ce dernier temps, risquent d’accroitre la famine et la malnutrition chez les populations rurales en RDC. Le fléau est déjà là, la menace se fait sentir par une sècheresse sur plusieurs provinces de la RD Congo dont le Haut-Katanga, le Kasaï oriental, le Kwilu, le Kong central, etc., d’où la nécessité de valoriser les cultures traditionnelles comme le sorgho, le mil, la patate douce, les ignames et bien d’autres plantes locales en vue d’assurer la sécurité alimentaire des populations.

La RDC est déjà frappée par les effets défavorables du changement climatique, le maïs qui constitue la céréale la plus cultivée, a du mal à produire suffisamment dans les zones de savane les plus fragiles comme le Kongo central, le Plateau des Batéké, le Kwango, le Kwilu, le Kasaï, etc.

Ainsi, les politiques nationales du développement agricole doivent prendre en compte la valorisation des cultures traditionnelles résilientes au changement climatique en vue de lutter contre les carences alimentaires en République Démocratique du Congo.

Par Ingénieur Yves NKANGU, Tél. (+243826568615), E-mail : nkanguyves@gmail.com

Vous pouvez télécharger le programme ici :

RDC : la nécessité de valoriser les plantes locales pour lutter contre l’insécurité alimentaire

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Commentaires

jonas kapela
un très bon article . merci au site eadev. || 22/05/18 - 03:05:39
fils mbala
le sorgho doit être vulgarisé puisqu'il va bien exister vis à vis aux effets du changement climatique. Merci bcp à l' auteur pour ces informations pertinente. gardez bien ce site svp || 22/05/18 - 06:05:38
Nadou nzeza
c'est un bon article, refletant l'actualite. || 21/05/18 - 06:05:12
CABD