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Ne fais pas la guerre pour détruire une nation ! Encourage la corruption et désarticule le système éducatif

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Actuellement, beaucoup de sociétés font face à la corruption généralisée et ses méfaits quotidiens. Une dure réalité, aussi bien présente dans les pays développés que dans les pays en développement.

En Afrique en général et en RDC en particulier, aucune sphère de la société n’échappe à la corruption : la magistrature, la fonction publique, les forces de sécurité, l’enseignement (primaire, secondaire, supérieur et universitaire), les organisations de la société civile, les banques, etc. Une véritable entreprise bien organisée et bien structurée qui hypothèque la vie des millions de personnes et le progrès. Les racines de ce mal sont si profondes qu’on ne sait plus par quoi débuter ni par où commencer.

Dans le dictionnaire français, la corruption, le crime et la honte sont synonymes. La corruption gangrène le secteur public, tue la confiance dans les gouvernements, diminue l’efficience des politiques, affaiblit les régimes et détruit la nation. Aucun projet de développement ne peut atteindre ces objectifs dans un climat de corruption généralisée.

Il ne faut pas faire une guerre pour détruire une nation, il suffit d’encourager et enseigner la corruption. Nous sommes en plein milieu de l’une des grandes crises de l’histoire. Les affaires louches et les jeux cachés des malhonnêtes dans les banques et dans les institutions politiques, les compagnies d’assurance, les universités, etc.

En suivant de près une discussion entre les corrompus et les corrupteurs, il semble qu’ils utilisent fréquemment le même vocabulaire, les mêmes mots, et pourtant ces mots n’ont pas le même sens. Comme par exemple « Madesu ya bana en Lingala » ne signifie plus haricot pour les enfants mais pot-de-vin. Les policiers et les magistrats en Afrique sont très familiers avec un tel jargon qui ressemble à une langue étrangère venue d’une autre planète.

C’est dans cette optique que l’on peut voir de simples commerçants, des agents du fisc, des policiers, des douaniers, des greffiers, des notaires ou de simples paysans s’adonner à cette pratique, en acceptant de l’argent contre un service, un faux témoignage, une transaction douteuse ou un titre de propriété irrégulier. En RDC, l’homme de la rue observe de près et avec une profonde inquiétude la courbe exponentielle ascendante de la corruption. Il attend avec impatience le changement radical dans un futur immédiat, il faut encore de la patience !

Il est clairement admis que le goût pour le pouvoir est à l’origine de la corruption et de la destruction du système éducatif. L’exercice du pouvoir pendant une longue période enfante des tentations chez les hommes qui le pratiquent. Les hommes politiques oublient par contre, que la lumière met en relief leur corruption. Une corruption bâtie sur l’hypocrisie, les mensonges, l’arrogance de l’ignorance, l’erreur, la destruction, la précarisation de la population et la méchanceté.

En réalité, la RDC a un problème avec ses hommes politiques : trop nombreux (plus de 500 partis politiques), trop bavards et clientélistes, souvent incompétents, pas toujours représentatifs du peuple, etc.

En Afrique, dans certaines zones, le système éducatif ne conduit ni à la lecture, ni à l’esprit critique, ni à la culture de l’innovation. Un système éducatif qui ne donne aucune leçon de morale ou de bonne conduite aux enfants. En RDC, il n’est rare de rencontrer un diplômé de l’Université qui ne sait ni lire ni écrire, une situation favorisée par les hommes politiques corrompus. Tenez, beaucoup d’hommes politiques en RDC se sont octroyés des diplômes universitaires sans en avoir les compétences, et les universités et instituts supérieurs sont créés pour servir cette barbarie. Certains se sont faits nommés professeurs d’université, chefs de travaux, Assistants, etc. Quelle formation peut assurer un médiocre qui n’a pas un cursus universitaire normal ? Si la corruption est dans cet état, c’est bien à cause de la gestion chaotique du pays.

Les députés, les sénateurs, les ministres et autres mandataires de l’Etat congolais sont appelés à combattre la corruption puisqu’ils sont là pour représenter la grandeur et la fierté de tout un peuple et non pas pour représenter la profondeur de leurs ventres.

Il faut avouer qu’un ministre trop longtemps dans son poste ou n’ayant pas de compétences nécessaires construit autour de lui un ensemble de cercles d’affaires sombres. Ces cercles dévorent l’économie du pays, faussent les politiques et maintiennent définitivement un climat de destruction du pays. Face à ces cercles invisibles, se développent des argumentations très surprenantes de la part de certains hommes politiques : « Les autres font pareil », « La corruption a toujours existé », « Nous ne sommes pas des anges ».

Aux gens qui gravitent et vivent autour-grâce à la corruption, aux médiocres qui trahissent les martyrs de notre liberté et déshonorent l’honneur du continent africain en particulier de la RDC en général, de comprendre que malgré nos ressources naturelles impressionnantes (forêts, eaux, diamant, cuivre, cobalt, coltan, huile de palme, manioc, maïs, etc.), la misère reste visible dans le vécu quotidien de nos populations à cause votre niveau de corruption le plus élevé.

La jeunesse africaine en général et de la RDC en particulier, les hommes honnêtes et intègres doivent mener ce combat contre la corruption jusqu’à la victoire finale. L’Afrique à toutes ressources nécessaires pour le développement, mais une fois la corruption éradiquée, abattue et enterrée, l’Afrique donnera au plus humble de ses citoyens un niveau de vie acceptable.

La réhabilitation du système éducatif est d’une importance capitale, car il constitue la colonne vertébrale du développement de la société.

La Rédaction, le 23 mai 2018

Article adapté sur base de la réflexion de Pierre S. Adjété

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