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RDC : la vente des parcelles de l’Etat dans la province de Kwilu, le véritable programme de développement du gouvernement provincial

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« Nous ne pouvons pas rester en silence devant la souffrance des millions de personnes dont la dignité est blessée », Pape François.

Par sa note circulaire n° 002/PROGOU/MBK/KLU/2017 à l’intention des chefs de divisions et conservateurs de titres immobiliers de toutes les circonscriptions de la province du Kwilu, le Gouverneur de cette province a fixé le prix de vente des parcelles aux différents lotissements de la manière suivante :

(i) Circonscription foncière de Kikwit et Bulungu (plateau/Lukolela Kikwit : 12000 $ ; Bulungu : 300 $)

(ii) Circonscription foncière d’Idiofa : 200 $

(iii) Circonscription foncière de Masi-Manimba : 200 $.

Vous êtes invités à une stricte observance de la présente note circulaire qui sort ses effets à la date de sa signature, écrit le gouverneur, le ridicule ne tue pas en RDC.

La société civile de Kikwit a invité à plusieurs reprises le Gouvernement provincial à sursoir cette notre circulaire qui entre dans l’ensemble des politiques mises en place non pas pour enrichir l’Etat mais pour le dépouiller de ses biens. L’Etat congolais a perdu beaucoup de ses patrimoines et n’a rien gagné de ces ventes.

Les questions importantes qui méritent les réponses de la part du gouvernement provincial du Kwilu sont suivantes : quel est ‘élément politique, social, économique ou environnemental qui a motivé cette décision du gouverneur ? Quel est le montant total reçu après la vente de ces parcelles ? Quelle est la destination de ces fonds ?

Il est important pour le gouvernement provincial du Kwilu de comprendre que la vente des parcelles de l’Etat n’a jamais ramené des ressources financières au pouvoir public congolais pour entreprendre des actions du développement.

Le gouvernement de la province de Kwilu a été investi sur base d’un programme de développement, mais sur le terrain, rien n’est fait, on se rabat à la facilité en vendant les parcelles de l’Etat. L’ennemi numéro un de la RDC reste sa classe politique qui spolie les biens et patrimoines de l’Etat dans l’indifférence totale du pouvoir judiciaire.

Les enjeux du développement de la province du Kwilu sont nombreux : les infrastructures sanitaires et scolaires datent de l’époque coloniale, les routes sont inexistantes, l’insécurité alimentaire est en pleine progression, le chômage des jeunes diplômés universitaires a atteint les 100%, l’accès à l’électricité et à l’eau potable est un calvaire pour beaucoup de Kwilois, les aéroports de Kikwit et de Bandundu-ville sont incapables de recevoir de gros porteurs, etc. La résolution de tous ces problèmes ne passe pas par la vente des parcelles. Mêmes après avoir vendu toutes les parcelles de l’Etat dans le Kwilu, il est peu certain que les ressources nécessaires pour amorcer le développement soient mobilisées.

Nous sommes malheureusement dans une république où ceux qui dénoncent le mal sont victimes de menaces et d’intimidation de toutes sortes et peuvent dans certaines circonstances se retrouver en prison. Cela ne doit pas être une raison pour que la société civile puisse se taire où devienne complaisante vis-à-vis des actes de pillage et de spoliation des biens et patrimoines de l’Etat. Elle doit au contraire continuer à se mobiliser pour dire non à ces fameux intellectuels qui ne font qu’humilier la RDC.

Il est certain que dans toutes les villes concernées par cette décision (sauf à Kikwit), aucune organisation de la société civile n’a dénoncé ces actes, mais seulement ne signifie nullement une victoire pour les pilleurs et les spoliateurs des patrimoines de l’Etat. Le gouverneur de la province de Kwilu doit comprendre que quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finit par apparaitre. Il rendra un jour compte de ces actes devant les instances judiciaires de l’Etat des droits en construction dans ce pays dont nos pères fondateurs ont versé leurs sangs.

La Rédaction, le 01 juin 2018

Vous pouvez télécharger le programme ici :

RDC : la vente des parcelles de l’Etat dans la province de Kwilu, le véritable programme de développement du gouvernement provincial

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Un humoriste racontait l'histoire suivante : Une femme entre dans un magasin où l'on vendait des perroquets. Elle en voit un qui lui plaît et demande au vendeur : Combien coûte ce perroquet ? 2000 dollars répondit le vendeur. Oh c'est cher, reprend la femme ! Le vendeur d'expliquer : "Oui, mais il parle Kikongo, Swahili, Anglais, Lingala, Français ! La femme voit un perroquet assis au coin tout seul ! Et celui-là combien vaut-il ? 12000 dollars. Mon Dieu, c’est très exorbitant ! s’exclame-t-elle. Et que fait-il ? Le vendeur répond : « Il ne fait absolument rien, mais tous les autres perroquets l’appellent Monsieur le Gouverneur ! » Il est partout sauf au travail, il planifie, coordonne, contrôle et organise la prédation de la province. Il n’a aucune vision du développement de la province, il prépare la campagne de collecte de fonds pour les élections. Le développement, il a entendu parler, il ne sait pas de quoi il s’agit. Les infrastructures, il voit dans les autres provinces, il ne peut rien chez lui. La politique du ventre ! Ce gouverneur n’est pas capable d’un quelconque développement dont il ne sait pas de quoi il s’agit. Il se réduit à vendre des morceaux de terrains mais les érosions, les trous, les sables sur les routes, les ravins ce n’est pas leur affaire ! AH ALLAH ! || 03/06/18 - 05:06:49
CABD