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Maroc : le mariage des femmes intellectuelles devient un peu difficile comme partout en Afrique

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De plus en plus de jeunes femmes font des études et accèdent à l'indépendance financière. L'âge du mariage recule et le nombre de célibataires progresse. Même si vivre seule n'est pas simple.

Entre son travail de téléopératrice et des parents vieillissants dont il faut s'occuper, Aïcha n'a guère le temps de faire des rencontres. « Je m'investis dans mon travail, je suis indépendante financièrement. Aujourd'hui, je me sens libre et je préfère rester seule. Pourquoi aurais-je besoin d'un homme ? » Interroge-t-elle.

Divorcée, la quarantaine naissante, Aïcha vit dans sa famille et dit s'en porter très bien. Avant de finalement reconnaître que, « les années passant, la solitude pèse... » Mbarka, sa mère, avoue : « Nous nous faisons beaucoup de soucis pour elle. » Plus exigeantes

Comme Aïcha, elles seraient 8 millions de célibataires, soit 60 % de la population féminine en âge d'être mariée, selon l'étude d'une ONG britannique. Les Marocaines convolent désormais en moyenne à 28 ans. La principale explication ? De plus en plus font des études, travaillent et deviennent autonomes matériellement.

Confirmation avec Hanane. La trentenaire est aussi un coeur à prendre. Cadre dans une association, elle vit seule dans son appartement et reçoit qui bon lui semble. Loin de sa famille à Casablanca. «Venir à Tanger, seule, fut difficile à accepter pour ma famille. Ils me titillent souvent au sujet du mariage et cela m'agace», lâche-t-elle devant le poster d'une Marylin rayonnante.

À Tanger, Hanane s'est affirmée : « Mes voisins savent que j'accueille des amis masculins. Au début, ce ne fut pas simple, reconnaît-elle. J'ai eu des aventures avec des hommes mais je ne suis jamais tombée sur le bon. Avec l'autonomie financière, on devient plus exigeante. »

Le regard pesant de la société

En attendant, le regard de la société, qui sacralise le mariage, reste pesant sur ces « bayra », ces vieilles filles dans le langage populaire.

Frustration sexuelle ? Même pas. Pour Jabrane, réalisateur de 29 ans, en couple depuis deux ans, « il y a toujours des solutions pour les garçons et les filles. Il faut juste trouver des subterfuges et rester discret. Nous avons grandi avec ces codes ».

Pour vivre sa sexualité hors mariage, on va à l'hôtel, on loue une maison, on se fait prêter un appartement... « Pour la femme, tout dépend de sa capacité à gérer l'interdit de sa propre éducation, les croyances religieuses ainsi que le jugement de la société », explique la sexologue Amal Chabach.

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