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RDC : protéger l’environnement et assurer la prospérité économique des communautés

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Il est illégal de couper des mangroves pour faire du charbon de bois en République Démocratique du Congo (RDC). Tout le monde le sait.

Mais, alors que plus de 4,6 millions d'enfants dans le pays souffrent de malnutrition aiguë et que 90 % de la population manque de nourriture, beaucoup ne pensent tout simplement pas avoir le choix.

C'est pourquoi, depuis près de deux décennies, l'Afrique centrale perd ses mangroves au taux alarmant d'environ 1,7% par an, soit 7,700 hectares.

En RDC, en particulier dans la région côtière, les activités génératrices de revenus sont extrêmement limitées. Seules quelques possibilités s’offrent à la population : pêcher, extraire les moellons placés sur la côte avant l’indépendance du pays pour les vendre sur les chantiers de construction, ou produire du charbon de bois.

Couper les mangroves est donc synonyme de revenus et de survie. Mais cette situation n’est pas irrémédiable, et heureusement, les choses changent ...

Double impact

« Les habitants de la RDC cherchent à diversifier leurs sources de revenus - et ils le font avec ingéniosité et dynamisme. » - Clotilde Goeman, Conseillère régionale pour l'adaptation aux changements climatiques du PNUD.

Achille avait l'habitude de couper des mangroves pour faire du charbon de bois en complément de son revenu de forgeron. « L'année dernière, j'ai reçu une formation sur la technique pour produire des foyers améliorés ».

Après sa formation, Achille a modifié les prototypes originaux distribués aux participants en utilisant des matériaux légèrement différents pour protéger les foyers de l'air salé et les rendre plus résistants. « Avec ces changements, j'ai déjà réussi à vendre 17 foyers améliorés, pour 25 000 francs congolais (environ 15 dollars américains) chacun. De plus, il y a une forte demande. »

Les foyers améliorés réduisent de 60% la quantité de charbon nécessaire pour cuisiner un repas tout en réduisant les émissions de fumées nocives. Ce nouveau marché transforme la façon dont les gens achètent du bois de chauffe et cuisinent dans cette région de la RDC.

Financé par le Fonds pour les pays moins avancés du Fonds pour l'environnement mondial (FEM-PMA), le projet d'adaptation au changement climatique dont a bénéficié Achille a permis d'éduquer les populations côtières sur l'importance environnementale des mangroves et leur rôle dans la protection du littoral contre l'élévation du niveau de la mer.

Ce projet a aussi un impact économique, en offrant des opportunités de revenus alternatifs à la pêche ou à la collecte de moellons sur la plage.

Diversifier les activités

Ainsi, le projet encourage les communautés locales à construire des fermes piscicoles le long des mangroves. À ce jour, neuf étangs ont été creusés dans trois villages et les habitants ont décidé d’autofinancer un étang supplémentaire, un signe prometteur de la durabilité de l'initiative.

En plus de la pisciculture, le projet a également aidé les habitants des villages côtiers à établir des jardins maraîchers en utilisant des semences résistantes au climat pour améliorer la sécurité alimentaire.

Toutes ces initiatives de diversification de revenus ne sont que des étapes vers la réalisation des objectifs globaux : réduire la pauvreté, éliminer la faim, assurer l'égalité des sexes et protéger la vie terrestre et maritime (y compris par des actions climatiques plus efficaces). Mais les premières étapes permettent déjà d’aller loin.

PNUD

Vous pouvez télécharger le programme ici :

RDC : protéger l’environnement et assurer la prospérité économique des communautés

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