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Le délabrement des routes : un obstacle au développement durable de la République Démocratique du Congo

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Contexe

La mobilité en RDC est l'un des plus importants défis que le pays est appelé à relever pour s'assurer un développement durable. Chaque mode de transport, qu’il soit routier, lacustre et fluvial, ferroviaire ou aérien, offre un énorme potentiel de développement. Les réseaux ferroviaires et fluviaux, à l'origine incomplets pour des raisons historiques ou géographiques, ont vu leur état général se dégrader. Le réseau routier est lui-même considérablement altéré.

Le développement d’un pays et le dynamisme de toutes ses entités (provinces, territoires, secteurs, villages), sont pour beaucoup une affaire de transport et de communication. Une région enclavée qui ne peut évacuer sa production, est dans une large mesure condamnée à la stagnation. La construction des routes et leur entretien sont une condition de base du développement rural. La route permet de développer des échanges commerciaux et facilite le transport pour rejoindre le lieu où se dispense les services pour les gens qui en ont besoin.

En général, les routes sont divisées en deux catégories : les routes revêtues et les routes en terres. Les premières sont celles dont la couche de roulement est en bitume ou en béton. Avec ces 2 345 000 km2 de superficie, le réseau routier de la RDC comprend près de 153.209 kilomètres de routes dont 58.509 kilomètres sont des routes d’intérêt général, plus au moins 3.000 kilomètres sont revêtus et 87.300 kilomètres de routes sont d’intérêt local ou de desserte agricole. Cette situation fait que de nombreuses régions du pays sont inaccessibles par route, ce qui les isole des autres provinces. Il est impossible aujourd’hui de se déplacer par véhicule de Kisangani à Mbandaka par route, mystère !

Des projets de réhabilitation des routes en terres battues ont été réalisés dans différentes provinces de la RDC avec l’appui des partenaires ou sur fonds propres du gouvernement de la RDC mais avec des résultats très médiocres, et les coûts de ces projets sont évalués en des millions/milliards de dollars.

Causes de l’échec de nombreux projets de réhabilitation des routes

La construction de la route comme vecteur du développement doit être pensée dans la durée et non être inscrite comme une activité de complaisance. Il suffit de lire les pancartes installées le long des routes pour se rendre compte des montants investis sur des actions dont les effets positifs sont des quelques heures.

En effet, la pluie est l’ennemi numéro 1 de la route. En régions tropicales, les pluies ont une intensité maximale élevée et nos sols sont caractérisés par une érodabilité élevée. C’est pourquoi, certaines routes en terres battues réhabilitées, n’ont permis ni le passage d’un vélo moins encore celui d’une moto ou d’un véhicule quelques heures après leur réhabilitation.

Ainsi, les causes profondes de l’échec des projets de réhabilitation des routes en terres battues sont les suivantes :

  • La mauvaise conception des projets : dans un pays où le budget n’atteint même pas 10 milliards de dollars américains, il faut éviter tout ce qui est provisoire. Cette manière de ne faire que des choses provisoires, a fait dépenser à l’Etat congolais des milliards de dollars qui n’ont pas permis au pays d’augmenter le nombre de routes viables.
  • L’absence de volonté politique : la construction d’une route durable, relève de la volonté politique des acteurs étatiques. Un volontaire peut mieux faire les choses qu’un homme intelligent. L’exemple de la route Université qui est chaque fois en réhabilitation en dit long.
  • L’absence d’un programme réaliste de construction de routes : la construction d’une route doit s’inscrire dans un programme global du développement du pays. Il ne s’agit pas d’une action isolée sans impact réel sur le développement régional ou national.
  • L’absence d’une vision claire de gestion d’après projet (projet non durable).
  • Le détournement des ressources destinées à la construction de routes avec des effets directs sur le développement socio-économique du pays.

Solutions aux problèmes de réhabilitation des routes

Pour mettre fin au délabrement très avancé des routes en RDC, les remèdes peuvent être :

  • Mettre fin à la pratique des routes en terres battues dans les régions où les pluies sont très intenses : il vaut mieux construire directement des routes asphaltées pour éviter de tourner en rond.
  • Inscrire la réhabilitation de routes dans un programme général du développement durable du pays
  • Mettre fin avec l’impunité, la corruption et le trafic d’influence de tout bord qui gangrènent les marchés liés à la construction de routes.
  • Doter les services publics concernés par ce secteur (Office des routes, etc.) des moyens matériels, financiers et humains nécessaires.

Conclusion

La route est d’une importance capitale pour le développement socio-économique du pays. Un pays sans route viable ne s’engager dans la voie du développement. En effet, la route se détériore par deux actions que l’on peut considérer comme normales : (i) l’usure de la couche de roulement provoquée par le passage des véhicules, (ii) l’eau des pluies qui provoque les nids de poule. Il faut évacuer l’eau stagnante, tailler les bords, damer le fond du nid de poule, remplir le nid avec les mêmes matériaux que ceux de la couche générale.

Les moyens financiers dont disposent la RDC, ne lui permettent pas de s’engager dans des actions provisoires qui amènent toujours au statuquo. Il appartient au pouvoir public d’opter pour une voie qui engage le pays vers le progrès, en construisant des routes durables et éviter d’endetter le pays sur des projets dont l’impact positif est de quelques heures ou jours seulement.

La rédaction

Fait à Kinshasa, le 27 octobre 2017

Vous pouvez télécharger le programme ici :

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Commentaires

Kimbeni Marie-Claire
|| 09/01/18 - 09:01:00
Justin Biayi
Nous avons des politiciens barbares qui ne pensent pas au développement du pays ni du peuple mais seulement des stratégies sur comment rester, demeurer au pouvoir. Merci EADEV AGRO CONGO De nous avoir donné un espace et des articles qui nous poussent à nous exprimer || 28/10/17 - 06:10:52
Jean Claude MUWO
Les routes routes sont d'une importance capitale. Tant qu'elles ne seront pas aménagées, le Congo ne connaitra pas un développement véritable en dépit des discours politiques vides de contenu. || 28/10/17 - 10:10:33
jacson
bjr, merci pour cette réflexion. il n'y a pas de gouvernement responsable dans notre pays. la route est capitale pour le développement. merci || 27/10/17 - 07:10:28
CABD