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L’exploitation des ressources naturelles en Afrique, un calvaire pour les communautés riveraines

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En Guinée : la mine d’or de Nordgold empoisonne la vie des habitants

La société russe est pressentie par la France pour exploiter le projet de « Montagne d’or » au cœur de la forêt guyanaise.

L’or ne brille pas pour tout le monde. Pour les habitants de Carrefour, petit village du nord-est de la Guinée, il a l’odeur soufreuse de la malédiction et la couleur maronnasse des eaux boueuses et cyanurées du bassin de résidus, bordé d’arbres morts par empoisonnement, qui surplombe dangereusement leurs masures. « Ça nous fait mal, mais nous allons devoir décamper. On ne peut plus vivre ici à côté du cyanure, sinon il y aura des effets sur notre santé », se lamente Mamadi Doumbouya, représentant du chef du district. « Cette mine ne nous apporte que du malheur et tue notre bétail », ajoute-t-il. Une centaine de vaches et de chèvres sont mortes après s’être abreuvées dans le bassin ces dernières années.

Le site aurifère de Léfa est exploité par la Société minière de Dinguiraye (SMD), rachetée en 2010 à des Canadiens par les Russes de Nordgold. Ceux-là mêmes pressentis par la France pour exploiter la « Montagne d’or » au cœur de la forêt guyanaise, projet très controversé auprès des populations locales et sur lequel Paris doit rendre un arbitrage avant la fin de l’année. De passage sur le site guyanais en août 2015, Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie, avait qualifié d’« exemplaire » cet « industriel de rang mondial qui, sur le plan scientifique, environnemental, social, se comporte de la meilleure façon ».

A Carrefour, on en rit jaune. « Sur les 1 755 habitants, un seul d’entre nous travaille aujourd’hui à la SMD. Nous étions davantage avant l’arrivée des Russes », raconte Mamadou Keita, licencié en 2013, comme 800 autres les années précédentes. L’effectif de la société a été ramené de 2 300 à 1 350 employés après la prise ce contrôle par Nordgold. Le nouveau code minier de 2011 impose pourtant une priorité à l’embauche des communautés locales. « Au début, Nordgold invoquait le manque de compétences locales, ce n’est plus le cas, c’est devenu une mauvaise excuse, il y a ici des gens bien formés dorénavant », accuse Mory Diawara, secrétaire général adjoint du principal syndicat à la SMD.

Le Monde

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Commentaires

Guelor Kasereka Lwalemene
les intellectuels africains ont une part de responsabilité dans la misère du continent,car ils n agissent pas.parler et dénoncer c est bien mais c est mieux d agir! c'est au compte de www.muntagro.com que je commente. || 14/10/18 - 01:10:21
CABD