EADEV : L’environnement, l’agriculture et la politique pour le développement durable

Agriculture congolaise et changement climatique

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L’agriculture est l’agent structurant l’espace rural, le développement des sociétés et la gestion des ressources naturelles. Elle doit aujourd’hui relever des défis de taille : produire plus, mieux, avec moins de terre, moins d’eau et moins d’énergie fossile. L’agriculture en République Démocratique du Congo demeure encore inefficace à cause des systèmes de production mis en place (agriculture itinérante sur brûlis). Grâce à la diversité des climats et à la densité du réseau hydrographique, la RDC, complètement aménagée, serait capable de nourrir près de 2 milliards de personnes, ce qui constitue un atout nécessaire dans le contexte de la crise alimentaire mondiale et du changement climatique.

L’agriculture urbaine dont la principale activité est le maraîchage, contribue aux émissions des gaz à effet de serre par l’utilisation des engrais minéraux et de pesticides de synthèse. Les quantités d’engrais minéraux et de pesticides utilisées pour la production des légumes dans les sites de production à Kinshasa sont évaluées à 30 kg d’urée et 30 kg de N-P-K/an/maraîcher. Par contre, les besoins en pesticides sont estimés à 1 litre de produit/an/maraîcher. Les émissions totales des gaz à effet de serre dues à l’usage de ces produits sont en moyenne de 187,48 kg équivalent CO2/an/maraîcher.

Systèmes de production agricole en RDC

Il existe deux systèmes de production en RDC, le système paysan et le système moderne. Le système paysan (agriculture familiale), se caractérise par les éléments suivants :

-dimension très petite des exploitations, souvent de l’ordre de 0,5 hectare par ménage ;

-production orientée vers l’autoconsommation et le marché ;

-emploi presque exclusif de la main d’œuvre familiale ;

-rendement des cultures bas dans certaines circonstances ;

-culture de type itinérant sur brûlis (activité responsable des émissions de GES) ;

-emploi réduit ou presque pas d’engrais minéraux et de pesticides de synthèse.

Les cultures maraîchères réalisées par les paysans urbains et périurbains font partie de l’agriculture paysanne ou familiale.

Le système moderne se caractérise (agriculture intensive) par :

-la production destinée vers le marché,

-la présence d’usine de transformation souvent annexée aux plantations,

-l’organisation commerciale,

-les dimensions importantes des exploitations et l’utilisation d’intrants (engrais minéraux et pesticides responsable des émissions des GES) pour l’augmentation des rendements.

Suite aux bouleversements qu’engendre le changement climatique en ce qui concerne les précipitations, la température, l’humidité du sol et atmosphérique, la croissance des végétaux et la dégradation du sol, il convient de prévoir les adaptations et les mesures de lutte, pour permettre à l’agriculture congolaise, d’assurer la sécurité alimentaire des populations tout en préservant l’environnement.

Stratégies d’adaptation et de lutte contre les changements climatiques

Pour permettre à l’agriculture congolaise de s’adapter aux changements climatiques :

1. Pour ce qui est du calendrier agricole (retour et répartition des pluies au cours de l’année, …), la recherche des variétés résilientes au changement climatique s’avère nécessaire. Un travail de sélection participative avec les communautés locales pour identifier les espèces résilientes et définir ensemble le programme d’amélioration est d’une importance capitale. Concernant l’élevage, le choix des races à introduire dans une contrée devra être basé sur les caractéristiques de l’espèce animale concernée et les conditions climatiques locales. Le renforcement des capacités des services de météorologie s’avère également indispensable.

2. Développer l’agriculture de conservation et l’agroforesterie pour mieux gérer la fertilité de sol.

3. Développer des méthodes de gestion intégrée des maladies et ravageurs des cultures.

4. Vulgariser les connaissances ancestrales traditionnelles et modernes de production agricole durable.

Pour lutter contre les changements climatiques au niveau de l’agriculture paysanne, il est urgent de mettre fin à l’agriculture itinérante sur brûlis qui doit être remplacée par l’agriculture de conservation, les cultures en couloirs et l’agroforesterie. Dans l’activité maraîchère réalisée par les paysans urbains et périurbains, le remplacement des engrais minéraux et pesticides de synthèse par les engrais organiques et biopesticides, reste la solution la plus durable pour réduire les émissions de GES dues à cette activité.

Dans le système agricole moderne (agriculture intensive), le système de production intégrée (agro-sylvo-pastoral) et l’agriculture de conservation peuvent constituer des voies privilégiées pour réduire l’usage des engrais minéraux et maintenir la fertilité des sols. Comme dans ce système, le recours aux pesticides de synthèse est très courant, il est important de développer des méthodes de gestion intégrée des maladies et ravageurs.

La Rédaction, le 28 octobre 2018

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