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La promotion des énergies renouvelables et changement climatique en RDC

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L’énergie est au même titre que l’eau, l’éducation et la santé, un besoin de base d’un individu et/ou d’une communauté. Elle est à la base du développement d’activités génératrices de revenus dans une localité et sur le plan national, du développement des industries. Il semble peu probable que notre approvisionnement en nourriture (transport, production, récolte, transformation…) fonctionne sans énergie. La souveraineté alimentaire passe par la sécurité énergétique.

L’énergie utilisée en RDC vient principalement :

De la biomasse (bois de feu ou charbon de bois), constitue la principale source d’énergie utilisée en RDC. La consommation est estimée entre 80 et 90% de besoins énergétiques et contribue abondamment à la fois à la déforestation et aux émissions des GES ;

Des barrages hydroélectriques produisant de l’électricité à destination des grandes villes et des industries principales, mais cette source d’énergie doit être remise à jour et voir même multipliée, car sa distribution dans toutes les zones du pays n’est pas aisée. De ce fait, beaucoup de villages et villes sont isolés du point de vue de l’électrification ;

Des produits pétroliers pour le secteur de transport et de l’électrification qui contribuent aux émissions de gaz à effet de serre.

Bien que la biomasse puisse être une source d’énergie écologique, les méthodes actuelles de ramassage de bois et de production de charbon ne sont pas viables dans la plupart de zones de la RDC. Ces pratiques causent de sérieux préjudices au capital en ressources naturelles et au bien-être écologique des populations. La déforestation entraîne une diminution de la production agricole et de la biodiversité, une augmentation du prix des combustibles et des autres produits forestiers, et décuple l’effet de serre. La RDC dispose d’un énorme potentiel en ressources énergétiques renouvelables.

Stratégie d’adaptation et de lutte contre le changement climatique

La stratégie d’adaptation et de lutte contre le changement climatique dans le secteur énergétique en RDC reste la promotion des énergies renouvelables. Les énergies renouvelables sont des énergies dont le rythme de consommation est égal au rythme de renouvellement. Ces énergies proviennent d’éléments naturels présents sur la planète : soleil, eau, vent, chaleur de la terre et matières organiques.

Le potentiel en énergies renouvelables de la RDC se présente comme suit :

-1. Hydraulique : consiste à convertir l’énergie potentielle et cinétique de l’eau en électricité. La RDC dispose de 13 % du potentiel mondial (1 kWh émet 4 à 6 g CO2). L’eau fait tourner une turbine qui entraîne un générateur pour produire de l’électricité. La grande hydraulique recouvre les aménagements hydroélectriques d’une puissance supérieure à 10 MW. Les installations de petite hydraulique sont des usines au fil de l’eau d’une puissance inférieure à 10 MW.

-2. Eolienne : exploite l’énergie cinétique du vent, convertie au moyen d’aérogénérateurs en électricité. Trois sites sont favorables pour le développement de cette forme d’énergie en RDC: La cote de Moanda, le Plateau des Batéké à Kinshasa et le plateau de Kundelungu au Katanga (1 kWh émet 5-30 g CO2). Les éoliennes captent l’énergie cinétique du vent pour produire de l’électricité ou de l’énergie mécanique servant à pomper de l’eau. Les éoliennes en mer sont appelées « offshore ».

-3. Solaire : consiste en la conversion directe du rayonnement solaire en production électrique (1 kWh émet 20-130 g de CO2). Le rayonnement solaire permet de produire de la chaleur et de l’électricité. Les solaires photovoltaïques sont des cellules photovoltaïques dont les composants électroniques sont constitués de semi-conducteurs, qui exposées à la lumière, génèrent du courant électrique.

4. Biomasse : désigne l’ensemble des sources d’énergie issues des plantes, arbres, matières organiques et déchets. Les carburants d’origine végétale permettent de participer au développement d’une alternative au pétrole et de lutter efficacement contre le changement climatique. Ils apportent une contribution extrêmement importante au secteur des transports pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et au secteur énergétique en permettant une indépendance des régions isolées ou n’ayant pas de réserves pétrolières.

4.1. Bois-énergie : le bois et ses sous-produits utilisés en tant qu’énergie, englobent une multitude de matières ligneuses : copeaux et sciures générés par les industries du bois, bois de chauffe, charbon de bois, résidus de récolte, etc. Le bilan carbone de ces ressources est neutre à condition de veiller au renouvellement des plantations. Lors de sa combustion, le bois délivre dans l’atmosphère du CO2 qui est absorbé durant la croissance des arbres (1 kWh émet : 6 à 14 g CO2) (1 t bois énergie = 0,257tep).

4.2. Biocarburants : c’est le carburant issu de la biomasse. Il existe deux filières de production de biocarburants :

- la filière ester : les huiles végétales des oléagineuses et autres produits,

- la filière éthanol : l’éthanol produit à partir de la betterave, du blé, du maïs, de la canne à sucre et d’autres céréales. Le développement des biocarburants est favorable en RDC car le pays dispose de 80.000 millions d’ha des terres arables, dont à peine 10% sont mises en valeur (l’éthanol émet : 65-115 gCO2/km et le biodiesel : 26- 73 gCO2/km, mais le bilan carbone reste nul car le CO2 émis lors de la combustion est fixé par la plante lors de sa croissance). On distingue aussi, les biocarburants de première génération, de deuxième génération et de troisième génération.

4.3. Biogaz : il s’agit d’un gaz composé essentiellement de méthane et de gaz carbonique, produit par la digestion anaérobie de la biomasse. Il regroupe les gaz de décharge, résultant de la digestion des déchets stockés dans les décharges (centres de stockage de déchets) et des gaz issus d’unités de méthanisation des boues des eaux usées (stations d’épuration urbaines), des boues et déchets des industries agroalimentaires (brasserie, amidonnerie, etc.) ou de l’agriculture (déjections d’élevage) ou encore de déchets municipaux. Brûlé en chaudière, le biogaz fournit de l’eau chaude ou de la vapeur qui sont autoconsommées soit vendues à des réseaux de proximité ; il peut être également converti en électricité ou utilisé en tant que carburant (autobus).

La production d’électricité à partir de sources d’énergie renouvelables (solaire, hydraulique, éolienne), n’émet pas directement d’émissions de GES. Les émissions de CO2 liées à ces technologies sont dues uniquement à la construction des infrastructures et à leur maintenance qui varient fortement d’un site à l’autre. Par exemple, le contenu carbone des panneaux photovoltaïques provient de leur fabrication, elle-même dépendante de la source d’énergie utilisée, ainsi que de celle de la batterie qui stocke l'électricité.

La Rédaction, le 28 octobre 2018

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